Gagnoa, 25 juin 2026 (AIP)- Les 12 chefs de villages de la tribu Kapatroa qui composent les villages de la commune de Gagnoa, et qui sont coutumièrement les propriétaires terriens de Gagnoa, ont donné leur accord mercredi 24 juin 2026, lors d’une cérémonie solennelle au maire Yssouf Diabaté, pour la transformation du site actuel du hall d’information rasé du quartier Gagnoa-Dioulabougou, en projet de construction d’un commerce dénommée ‘China City’.
« Du point de vue ancestrale, la terre de Gagnoa a des propriétaires terriens même si elle a été cédé officiellement aux autorités », a déclaré le chef du village de Garahio, Koudou Denis, chef de la tribu Kapatroa et porte-paroles des 12 chefs de village de la commune, qui était tous présents. Il a indiqué qu’en qualité de chef central des 12 chefs de villages de la commune, et répondant au nom de ses pairs, il est venu honorer ce rendez-vous, pour la confiance mutuelle entre la chefferie de la tribu Kapatroa et le maire.
Tchiffy (chef en langue locale Bhété) Koudou Denis a assuré être venus pour bénir le maire, et lui dire que si ces collègues chefs et lui, ont décidé de lui confier la municipalité, ce n’est pas au moment où ce dernier offre un projet de développement important pour la commune, qu’ils vont l’abandonner. « Nous sommes avec lui et nous allons l’accompagner dans tous les projets porteurs qu’il va entreprendre au bénéfice de Gagnoa », a insisté M. Koudou.
Le chef de terre de Kédio-Babré, Zebeyoux Antoine, dont les terres ont été cédées coutumièrement pour la construction du hall d’information, a procédé à la libation. Il a accordé toute la bénédiction des populations du village et de celle des ancêtres, pour que les travaux conduisant à la destruction du hall d’information et en sa transformation en projet China City, soit menés à son terme et serve les habitants de la ville.
Depuis plusieurs mois, après la décision votée en session du conseil municipal, de procéder à la destruction du hall d’information et le transformer en un vaste projet commercial, un collectif dénommé, »Mouvement pour la sauvegarde du hall d’information’’ conduit par son porte-parole, Amadou Sanogo, s’y oppose.
M. Sanogo dit détenir plusieurs centaines de pétitions s’opposant à ce projet, et appelle à sa préservation, au prétexte qu’il s‘agit d’un des seuls lieux de rassemblement des populations pour le sport, des activités festives, les réceptions etc. Par ailleurs, il appelle à la préservation du site qu’il considère comme un espace public. Le collectif estime qu’un changement d’affectation (d’espace public en commerce) nécessiterait une consultation des populations et dénonce une procédure qu’il juge irrégulière.
Yssouf Diabaté a rejeté les accusations d’ « usurpation de domaine public » portées par le ‘’collectif pour la sauvegarde du hall d’information’’. Il a affirmé que le site constitue bel et bien une propriété de la mairie de Gagnoa, selon les documents officiels des pièces cadastrales et les actes liés à la construction, qui figurent dans les documents de passation de charges de 2018, entre lui et l’ancien maire, Bamba Médji.
Le maire a affirmé que ce jour marque plutôt une étape importante dans le développement de la commune. Il a salué la bénédiction et l’adhésion de ses parents de la communauté Béthé, des chefs de village ainsi que les propriétaires terriens de Babré, pour le projet, lors de la séance d’information et d’échanges, ouvrant ainsi la voie au lancement du projet China City.
« Cette adhésion témoigne d’une volonté commune de promouvoir le développement local, de créer des opportunités économiques et d’améliorer le cadre de vie des populations », a rappelé le premier magistrat de la commune.
Il a salué l’esprit de dialogue, de responsabilité et de cohésion qui a prévalu tout au long de la rencontre. Selon lui, cette bénédiction constitue un signal fort pour le démarrage de ce projet « structurant, porteur d’espoir, d’emplois et de progrès pour notre territoire ».
Le hall d’information avait été construit par l’Etat de Côte d’Ivoire, à la faveur des fêtes d’indépendances tournant en 1970. Il avait été occupé successivement par le ministère par le ministère de l’information, puis par celui de la culture, avant de devenir un camp militaire à la faveur de la crise militaro-politique de 2002 à 2010. Il se trouvait dans un état de délabrement, avant que la mairie n’engage des travaux de réhabilitation.
Aujourd’hui, les services municipaux estiment qu’avec ce bail emphytéotique pour le projet China City, les caisses de la mairie percevront un revenu annuel de six millions FCFA.
(AIP)
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