Boundiali, 06 juil 2026 (AIP) – Les associations de jeunes et de femmes, ainsi que la chefferie traditionnelle de Ganaoni (département de Boundiali) ont manifesté le vendredi 3 juillet 2026 devant la sous-préfecture, pour exprimer leur opposition à l’ouverture d’une enquête de commodo et incommodo relative à un projet d’exploitation aurifère semi-industrielle.
Cette procédure fait suite à une demande introduite par Bamba Moussa, promoteur de l’entreprise Fokpo Mine, en vue de l’exploitation d’un gisement d’or sur une superficie de 99,17 hectares.
Les manifestants ont appelé à une concertation préalable entre le promoteur, les autorités et les communautés locales avant toute évolution du projet. Ils souhaitent qu’un protocole d’accord définissant les engagements de l’entreprise en faveur du développement local soit conclu afin de préserver la cohésion sociale dans la sous-préfecture.
Le porte-parole des chefs de terre, Bamba Sibiri, a estimé qu’une exploitation semi-industrielle ne saurait être engagée sans consultation des populations concernées. Il a également affirmé que les autorités gouvernementales ont toujours invité les chefs coutumiers à ne pas céder les terres aux exploitants miniers pour des intérêts particuliers.
Le président de la jeunesse de Ganaoni, Koné Adama, a, pour sa part, demandé la suspension de l’enquête afin de favoriser un dialogue inclusif. « Notre ambition n’est pas de chasser l’entreprise. Mais elle doit d’abord signer un protocole d’accord inclusif qui prend en compte les intérêts de l’ensemble des populations et les exigences du développement durable de la sous-préfecture de Ganaoni », a-t-il déclaré.
Au nom des associations de femmes, Koné Tiéwa a fait part des inquiétudes suscitées par le projet, estimant qu’il est source de tensions au sein de la communauté. Elle a plaidé pour la signature d’un accord garantissant les intérêts de l’ensemble des populations avant la poursuite de la procédure.
Le chef du canton intermédiaire de Ganaoni, Bamba Lassana, a reconnu qu’un projet minier peut constituer un levier de développement local, tout en regrettant l’absence, selon lui, de concertation avec les représentants de la communauté.
Le sous-préfet de Ganaoni, N’Douba Benjamin, a indiqué avoir orienté les manifestants vers le commissaire enquêteur, Coulibaly Adama, afin qu’ils consignent leurs observations dans le cadre de l’enquête. Il a assuré que la procédure se déroulait dans le calme et conformément aux dispositions en vigueur.
(AIP)
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