Abidjan, 22 juin 2026 (AIP) – Le Fonds d’appui aux femmes de Côte d’Ivoire (FAFCI) a permis de financer plus de 430 000 femmes sur l’ensemble du territoire national, pour un montant cumulé de plus de 100 milliards de francs CFA investis dans les activités génératrices de revenus, a révélé lundi sa secrétaire exécutive, Mme Sylvie Yao Patricia.
S’exprimant lors du lancement d’une session de renforcement des capacités destinée à 500 femmes bénéficiaires du fonds, au Sofitel Hôtel Ivoire d’Abidjan-Cocody, Mme Yao a dressé un bilan qu’elle a qualifié d’encourageant des 14 années d’existence du FAFCI.
Selon elle, le fonds, créé en 2012 à l’initiative de la Première dame, Mme Dominique Ouattara, avec un capital initial d’un milliard de francs CFA accordé par le président de la République, a connu une croissance remarquable.
« En 2012, quand on créait le FAFCI, le Président de la République avait mis à la disposition de ce fonds un capital de 1 milliard de francs CFA. Aujourd’hui, de 2012 à 2026, le capital est passé à 28 milliards de francs CFA », a-t-elle indiqué.
Pour la secrétaire exécutive, cette progression s’explique principalement par la rigueur des bénéficiaires et leur capacité à honorer leurs engagements financiers.
« Comment avons-nous fait ? C’est simplement le résultat du sérieux des femmes, de leur capacité à travailler et à rembourser ce qu’elles ont emprunté », a-t-elle affirmé.
Mme Yao a particulièrement insisté sur le taux de remboursement du fonds, qu’elle considère comme l’un des meilleurs indicateurs de sa performance.
« Nous avons un taux de remboursement de 97 %. Grâce à ce remboursement et au retour sur investissement, chaque fois qu’une femme emprunte, travaille et rembourse, nous avons encore de l’argent que nous réinvestissons », a-t-elle expliqué.
Ce mécanisme vertueux a permis au fonds de dépasser largement son capital disponible pour atteindre un volume d’investissement de 100 milliards de francs CFA au profit des femmes ivoiriennes.
Au-delà des financements accordés, le FAFCI a également favorisé l’inclusion financière dans plusieurs localités où les populations n’avaient auparavant accès ni aux banques ni aux structures de microfinance.
Mme Yao a cité notamment les villes d’Odienné, Bouna, Mankono, Sipilou, Béoumi et Assinie, où l’implantation d’institutions de microfinance a été facilitée grâce à la présence du fonds. Elle a également souligné l’impact social du dispositif sur les ménages ivoiriens.
« Plus de 430 000 femmes ont bénéficié des prêts du FAFCI et ces financements ont eu un impact positif sur la vie de plus de deux millions de personnes », a-t-elle déclaré, estimant qu’une activité économique portée par une femme profite généralement à l’ensemble de sa famille.
La secrétaire exécutive a en outre mis en avant les partenariats noués par le fonds, notamment avec la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), permettant à de nombreuses bénéficiaires exerçant dans le secteur informel d’accéder à une protection sociale à travers le régime des travailleurs indépendants.
Malgré ces résultats, Mme Yao a reconnu l’existence de défis liés à la forte demande de financement et à l’insuffisance du nombre d’institutions partenaires dans certaines régions du pays.
« Nous avons besoin davantage d’institutions de microfinance pour accroître notre capacité à financer les activités des femmes », a-t-elle plaidé, annonçant la signature prochaine de nouveaux partenariats.
Elle a enfin rappelé que la formation demeure un pilier essentiel du modèle FAFCI. C’est dans cette optique que 500 femmes bénéficiaires participent à une session de formation sur la gestion financière, organisée en partenariat avec HEC Montréal et le Bureau du Québec en Côte d’Ivoire.
Pour les responsables du fonds, cette initiative vise à permettre aux bénéficiaires de franchir une nouvelle étape dans leur parcours entrepreneurial, en transformant leurs activités génératrices de revenus en entreprises durables et créatrices de richesse.
(AIP)
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