Abidjan, 28 nov 2025 (AIP) – Le président bissau-guinéen déchu, Umaro Sissoco Embaló, a été exfiltré vers Dakar dans la nuit de mercredi à jeudi, grâce à une opération d’urgence conduite par le Sénégal à l’initiative des chefs d’État de la CEDEAO.
Selon un communiqué du ministère sénégalais de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, un aéronef affrété par le gouvernement du Sénégal a été dépêché en Guinée-Bissau pour assurer l’évacuation du président Embaló, dont la sécurité était jugée menacée après le coup d’État militaire du 26 novembre 2025.
« Cela a permis au président Umaro Sissoco Embaló d’arriver sain et sauf au Sénégal », précise le communiqué.
L’opération d’exfiltration, menée en coordination avec les dirigeants ouest-africains, constitue la première réponse concrète de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest à la prise du pouvoir par un groupe de militaires se réclamant d’un « haut commandement ». Ces derniers ont annoncé la suspension du processus électoral et l’arrestation de plusieurs hauts responsables militaires, politiques et institutionnels, accusant les autorités sortantes d’irrégularités lors de la présidentielle couplée aux législatives.
Réunis en sommet extraordinaire par visioconférence, les chefs d’État ouest-africains ont condamné la prise du pouvoir par la force et appelé au rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel. Ils ont décidé de créer un comité restreint de médiation, incluant le Sénégal, chargé de suivre la situation et de se rendre prochainement à Bissau.
Dakar indique être resté en contact direct avec l’ensemble des acteurs bissau-guinéens depuis le début de la crise, notamment pour sécuriser l’exfiltration du président évincé et faciliter l’évacuation de ses compagnons, ainsi que de membres des missions d’observation électorale. Le Sénégal réaffirme son engagement à travailler avec la CEDEAO, l’Union africaine et les partenaires internationaux en vue d’un retour rapide à la légalité constitutionnelle.
Le président Embaló, au pouvoir depuis 2020 et candidat à un nouveau mandat, a déclaré avoir été arrêté « sans violence ». Les putschistes ont annoncé la désignation, pour une période d’un an, du général Horta N’Tam, ancien chef d’état-major de l’armée de terre, comme président de la Transition.
(AIP)
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