Abidjan, 09 juin 2026 (AIP) – L’Agence de l’Union européenne sur les drogues (EUDA) a alerté, mardi 9 juin 2026, sur l’évolution rapide du marché des stupéfiants en Europe, marqué par une diversification croissante des substances psychoactives et des modes de trafic, selon son rapport annuel 2026.
« Le marché des drogues évolue à un rythme effréné et la diversité des substances disponibles devient de plus en plus imprévisible », a déclaré la directrice exécutive de l’EUDA, Lorraine Nolan, à l’occasion de la présentation du document.
L’agence met en garde contre la large disponibilité de substances psychoactives variées, qui accroît les risques pour les consommateurs. Elle souligne également l’essor de la polyconsommation, consistant à associer plusieurs drogues, une pratique susceptible d’augmenter les effets nocifs et les risques sanitaires.
Le rapport fait état d’au moins 7 600 décès par surdose enregistrés dans les 27 pays de l’Union européenne ainsi qu’en Norvège et en Turquie. Face à cette situation, l’EUDA appelle à renforcer les politiques de prévention, de traitement et de réinsertion sociale.
Les experts signalent la détection continue de nouvelles substances psychoactives (NSP), à raison d’environ une par semaine. En 2025, cinquante nouvelles substances ont été recensées pour la première fois en Europe, portant à 1 050 le nombre total de produits surveillés par l’agence.
L’EUDA s’inquiète particulièrement de l’apparition de cannabinoïdes de synthèse et semi-synthétiques dans des cigarettes électroniques et produits comestibles, susceptibles d’attirer un public plus jeune. Les nouveaux opioïdes de synthèse, notamment les nitazènes, figurent également parmi les principales préoccupations.
Le rapport relève par ailleurs une hausse de l’usage détourné de la kétamine dans certains milieux festifs et indique que la cocaïne demeure la drogue stimulante la plus consommée, avec environ 4,3 millions d’Européens âgés de 15 à 64 ans ayant déclaré en avoir consommé au cours de l’année écoulée.
Concernant le trafic, les réseaux criminels diversifient leurs itinéraires et recourent davantage à des ports secondaires, des vedettes rapides, des drones et d’autres techniques sophistiquées de dissimulation pour contourner les contrôles. Malgré une baisse des quantités de cocaïne saisies en 2024, le nombre d’interceptions a augmenté, traduisant une fragmentation croissante des cargaisons.
(AIP)
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