Abidjan, 02 juin 2026 (AIP) – Le Centre national de recherche agronomique (CNRA) développe et promeut la culture de la patate douce à chair orange afin de contribuer au renforcement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Côte d’Ivoire, selon une note d’information transmise mardi 2 juin 2026 à l’AIP.
Dans la région du Gbêkê, cette variété de patate douce s’impose progressivement comme une alternative alimentaire aux multiples usages. Grâce à sa polyvalence, elle peut être transformée en foutou, foufou, farine, biscuits, gâteaux ou encore en jus, offrant ainsi de nouvelles perspectives de valorisation aux producteurs et aux consommateurs.
La technicienne de recherche au CNRA de Bouaké, Madeleine Sika, a expliqué que la patate douce à chair orange s’intègre facilement dans les habitudes alimentaires des populations.
« Pour préparer le foutou de patate douce, nous utilisons deux tiers de patate douce et un tiers de manioc afin d’obtenir une texture tendre. À l’aspect et au goût, il ressemble beaucoup au foutou de banane. Il est également possible de préparer du foufou à partir de cette culture », a-t-elle indiqué.
Au-delà de sa transformation en mets traditionnels, le CNRA poursuit des travaux de valorisation visant à diversifier les produits dérivés. Dans les laboratoires du centre, les chercheurs expérimentent notamment la production de farine destinée à la pâtisserie ainsi que la fabrication de jus à partir de la chair orange du tubercule.
Selon les spécialistes, ce jus présente un intérêt nutritionnel important en raison de sa richesse en vitamines, notamment en provitamine A, ainsi qu’en minéraux essentiels à la santé.
Introduite en Côte d’Ivoire en 2011 par le Centre international de la pomme de terre, basé au Pérou, avec l’appui de l’ONG internationale Helen Keller, la patate douce à chair orange a ensuite fait l’objet de travaux d’adaptation et d’amélioration par les chercheurs ivoiriens.
Depuis 2012, plusieurs variétés ont été analysées et sélectionnées afin de répondre aux conditions agroécologiques du pays. Ces recherches ont permis de mettre au point deux variétés particulièrement performantes.
Il s’agit de « Saramanie », une variété à chair orange riche en provitamine A et particulièrement adaptée à la préparation du foutou, et de « Wilima », à chair jaune, appréciée pour ses tubercules volumineux et son rendement élevé.
À travers la promotion de ces variétés, le CNRA entend contribuer à l’amélioration de la nutrition des populations tout en offrant de nouvelles opportunités économiques aux acteurs du secteur agricole.
(AIP)
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