Abidjan, 12 oct 2026 (AIP) – Le directeur coordonnateur du Programme national de santé mentale (PNSM), Pr Koua Asséman Médard, a appelé les familles et les communautés à ne plus cacher leurs proches souffrant de troubles mentaux, annonçant que des solutions de prise en charge existent et que le rétablissement est possible.
« Ne cachez plus vos frères, ne cachez plus vos sœurs, ne cachez plus vos enfants, les solutions existent », a-t-il exhorté, samedi 10 octobre 2026 à l’hôpital général de Port-Bouët, lors de la célébration de la Journée mondiale de la santé mentale, placée sous le thème « Entendre la voix des personnes concernées, des familles et des communautés ».
Selon Pr Koua, cette mobilisation vise notamment à lutter contre la stigmatisation, les discriminations et les violences auxquelles sont confrontées les personnes vivant avec des troubles mentaux, tout en permettant aux familles de partager leurs expériences et leurs difficultés quotidiennes.
Il a rappelé que la santé mentale relève pleinement du domaine de la santé et que les personnes concernées ont droit à une prise en charge adaptée, à l’Education, à la justice et à la protection. Il a également souligné qu’elles peuvent se rétablir, accéder à un emploi et bénéficier d’un accompagnement social et professionnel.
Face à la recrudescence des décès par suicide, qu’il considère comme un indicateur de la fragilisation de la santé mentale des populations, le responsable du PNSM a insisté sur l’importance du dépistage précoce et de l’accès aux soins.
Il a indiqué qu’environ 3% de la population ivoirienne souffrirait de problèmes de santé mentale, notamment de dépression et de troubles anxieux, selon les estimations évoquées.
Pour améliorer la prise en charge, le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle entend renforcer les ressources humaines spécialisées et accélérer la décentralisation des services.
Il a, par ailleurs, rappelé que les personnes en difficulté psychologique peuvent se rendre dans le centre de santé le plus proche.
En cas de besoin, les professionnels peuvent solliciter le numéro 143 pour être orientés vers des structures spécialisées. Une plateforme dénommée « TILA » permet également de prendre rendez-vous avec des psychologues et des psychiatres à moindre coût.
Pour le directeur général adjoint de la Santé, Dr Tia Mamadou, « il n’y a pas de santé sans santé mentale ». Il a relevé que malgré les progrès réalisés, de nombreuses personnes continuent de subir la stigmatisation, l’exclusion sociale et la discrimination, parfois aggravées par l’insuffisance de prise en charge adaptée.
Dr Tia a appelé à intensifier la sensibilisation, à lutter contre les préjugés, à promouvoir le dépistage précoce et à améliorer l’accès à des services de qualité intégrés aux soins de santé primaires
Il a également insisté sur la nécessité d’associer activement les personnes concernées à l’élaboration des politiques et des programmes qui les touchent, estimant que leur vécu constitue une contribution essentielle à l’amélioration des réponses sanitaires.
De son côté, le représentant de Médecins sans frontières (MSF), Kouassi Laurent, a réaffirmé l’engagement de l’organisation à accompagner les autorités sanitaires dans l’amélioration de la prise en charge des troubles mentaux. Il a rappelé que MSF soutient depuis 2021 les efforts du Programme national de santé mentale à travers un projet mis en œuvre dans la région sanitaire du Gbêkê.
Cette collaboration contribue au renforcement des capacités des acteurs de santé et à l’amélioration de l’accès aux soins pour les populations, a-t-il indiqué, plaidant pour la poursuite de l’intégration de la santé mentale dans les soins de santé primaires et le renforcement des initiatives de sensibilisation.
(AIP)
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