Gagnoa, 01 oct 2026 (AIP)- Le président du comité de gestion du Fonds pour l’insertion professionnelle de personnes en situation de handicap (FIPPSH), Konaté Ibrahim, a exhorté mercredi 30 septembre 2026 lors d’une rencontre d’échange avec les forces vives à Gagnoa, les entreprises privées de la région du Goh, à recruter encore de personne en situation de handicap, conformément au cadre constitutionnel, qui permet de défendre les intérêts des personnes en situation de handicap.
« Là où la loi exige au moins une personne, c’est-à-dire 2% de l’effectif, nous sommes encore à 0,7%. Donc, il revient au fonds de combler ce déficit, afin que les entreprises puissent jouer leur rôle », a indiqué M. Konaté. Selon lui, les entreprises sont à la fois pourvoyeuses de richesses et créatrices de richesse.
« Ici à Gagnoa, nous partons satisfaits, parce que le secteur privé a décidé de s’engager », a-t-il annoncé, invitant les entreprises qui sont en conformité, à renforcer encore plus leur dispositif.
Si par contre, elles ne sont pas en conformité, elles doivent à présent engager le processus de mise en conformité. Par contre, si l’entreprise estime qu’il y a des obstacles à son niveau, qui l’empêche d’employer les personnes en situation de handicap, il lui revient de connaître le mécanisme prévu par la loi pour respecter l’obligation d’embauche, en payant sa contribution compensatoire à la Caisse nationale de prévoyance sociale
Konaté Ibrahim a rappelé que l’Etat de Côte d’Ivoire a recruté jusqu’en 2026, plus de 3300 personnes en situation de handicap. Au niveau du secteur privé, le président a révélé que sur 1,2 million de personnes embauchées, « il y a à peine 10 000 personnes en situation de handicap ».
« Le Fonds est un dispositif institutionnel qui permet d’appliquer le cadre constitutionnel », a-t-il indiqué. Tout le dispositif se trouvant à l’intérieur des décrets et arrêtés, doit être appliqué par une institution qui est le Fonds pour l’insertion professionnelle de personnes en situation de handicap.
Ce fonds travaille avec les structures partenaires que sont la Commission technique d’orientation et de reclassement professionnel dans le secteur privé (COTOREP), la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS ) et la Banque nationale d’investissement (BNI).
Faisant l’état des lieux, M. Konaté a expliqué que la Côte d’Ivoire est en pleine mutation. Elle sort d’une vision de la charité et de l’assistance de l’handicap, pour une approche basée sur les droits et les compétences des personnes en situation de handicap. « Mais, cette évolution n’est pas encore tout à fait réelle, parce que mal perçue par les entreprises du secteur privé et même par la société elle-même », a-t-il confié.
Les regards, les préjugés, les stigmatisations, sont des comportements que le citoyen doit changer, a-t-il dit. Il a regretté que les entreprises doutent encore de la capacité productive des personnes en situation de handicap, bien que diplômés.
Cette contribution participe au financement d’actions, permettant de lever les obstacles, empêchant les handicapés de se faire employer.
Pour le directeur adjoint du recouvrement, représentant la CNPS dans le cadre du déploiement du mécanisme de protection des travailleurs en situation de handicap, Eboué Victorien, ce fonds représente d’abord un mécanisme de création d’emploi. Les entreprises gagnent à employer les personnes en situation de handicap. « C’est de la compétence qui malheureusement est mal exploitée par ignorance, par des appréhensions, par la stigmatisation », a-t-il déclaré
Ce fonds constitue ensuite une contribution, a poursuivi M. Eboué. Il a expliqué que si des entreprises ne peuvent pas employer parce qu’il n’y a pas de postes disponibles, elles peuvent alors participer au financement de ce fonds, par la contribution unique et annuelle, sur la base de 43 278 FCFA , pour un effectif de moins de 100 employés.
(AIP)
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