Abidjan, 25 sept 2026 (AIP)- Le défi analytique de demain n’est donc pas simplement de savoir si nous avons de bonnes méthodes analytiques, mais le véritable défi sera notre possibilité de transformer nos capacités analytiques en capacité collective de prévention, a relevé mercredi 23 septembre 2026, à Abidjan, le doyen honoraire de l’UFR des sciences pharmaceutiques et biologiques de l’Université d’Abidjan-Cocody, Pr Malan Kla Anglade
Pr Malan s’exprimait à l’occasion de la conférence inaugurale de la 2e édition du Forum international des sciences analytiques et du contrôle qualité (FISACQ), organisée au sein de cette UFR par l’a Société africaine des sciences analytiques et contrôle qualité (2SACQ), placée sous le thème « Sécurité alimentaire et santé : défis analytiques et réponses innovantes ».
Il s’est agi pour le conférencier, aujourd’hui membre de l’Académie des sciences, des arts, des cultures d’Afrique et des Diasporas africaines (ASCAD), de poser les grands enjeux qui se dessinent pour les sciences analytiques au service de la sécurité alimentaire et de la santé publique.
Pour lui, le défi auquel les scientifiques sont désormais confrontés dépasse largement la seule performance des méthodes d’analyse. Cette évolution constitue, à ses yeux, « la question fondamentale » et « le véritable enjeu de l’innovation ». Il ne s’agit plus seulement de produire des données ou d’identifier la présence d’un danger, mais de faire de la capacité analytique un levier permettant d’agir en amont des crises sanitaires.
Dans cette perspective, Pr Malan Kla articule l’avenir des sciences analytiques autour de trois verbes : « Détecter », « Comprendre » et « Anticiper ». Détecter, d’abord, « les dangers avec toujours plus de sensibilité et de précision ». Comprendre, ensuite, « leur origine, leur dynamique, leur circulation et leur impact ». Anticiper, enfin, les risques « afin que la science intervienne avant que la crise ne survienne ».
Cette nouvelle approche implique, selon lui, une transformation profonde de la place de l’analyse dans les processus de décision. « Nous devons passer de l’analyse à l’intelligence, de l’intelligence à la décision, et de la décision à la prévention », a-t-il affirmé.
Une évolution qu’il résume en une formule particulièrement forte : « Hier, nous analysions pour contrôler. Aujourd’hui, nous analysons pour comprendre. Demain, nous analyserons pour anticiper. » Pour le scientifique, cette transition est essentielle pour faire évoluer la fonction du laboratoire dans les dispositifs de sécurité sanitaire.
Le laboratoire ne devrait ainsi plus être considéré comme un simple espace destiné à confirmer l’existence d’un risque. Il doit devenir « un véritable outil de prévention et de protection de la santé publique ». Une transformation qui, selon le Pr Malan Kla, pourrait contribuer à la construction de systèmes alimentaires « plus sûrs, plus résilients, plus transparents et mieux adaptés aux défis de notre temps ».
Cette ambition s’inscrit dans un contexte marqué par l’accélération des innovations scientifiques et technologiques. « La technologie nous donne de nouveaux moyens. La science nous donne de nouvelles connaissances. L’intelligence artificielle nous donne de nouvelles capacités d’analyse. La génomique nous ouvre de nouveaux horizons », a-t-il relevé.
Mais ces avancées ne sauraient, à elles seules, répondre aux défis liés à la qualité et à la sécurité sanitaire des produits de consommation. « La responsabilité du défi analytique pour la qualité et la sécurité sanitaire des produits de consommation reste la nôtre », a insisté Pr Malan Kla.
Dès lors, l’enjeu consiste à donner à l’innovation une finalité qui dépasse la seule prouesse technologique. « À nous donc de faire de l’innovation non pas une simple démonstration technologique, mais un instrument au service de la vie, de la santé et de la confiance », a-t-il conclu.
La 2e édition a pris fin ce vendredi. Il a vu la participation d’experts venus d’autres pays africains et bénéficié de l’accompagnement de partenaires dont BiotechLab Sarl, sponsor leader du FISACQ 2026, AIRP et ABS sponsors. L’ASCAD a assuré le parrainage scientifique et son président Aké Marie Gilbert avait ouvert les travaux.
Le programme scientifique s’articulait autour de deux jours de pré forums, des conférences plénières animées par des experts de référence, es panels d’experts autour des grands enjeux du contrôle qualité, des communications scientifiques orales et affichées pour valoriser les travaux de recherche, un prix du meilleur jeune chercheur, des espaces d’échanges et de réseautage favorisant les collaborations scientifiques et industrielles.
(AIP)
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