Bouaké, 23 août 2026 (AIP)- Le coordonnateur national des Enseignants volontaires non intégrés (EVNI), Koné Robert, a appelé, samedi 22 août 2026 à Bouaké, le président de la République, Alassane Ouattara, à intervenir en faveur des 5 120 enseignants volontaires non intégrés, qui disent vivre dans la précarité depuis plus d’une quinzaine d’années.
« Je voudrais dire que nous sommes en difficulté, mais ne pouvant pas faire comme les autres, nous demandons à l’État de Côte d’Ivoire et au président de la République de valoriser notre existence », a déclaré M. Koné au cours d’une conférence de presse.
Il a demandé aux personnes susceptibles d’approcher le chef de l’État de lui transmettre le message des enseignants volontaires non intégrés, rappelant que ces derniers ont contribué au maintien de l’école dans plusieurs régions du pays pendant la crise politico-militaire de 2002.
« Comme un père ne peut pas oublier son enfant, nous pensons aujourd’hui que notre papa ne nous oubliera pas », a-t-il ajouté, appelant le président Alassane Ouattara à prendre en compte leur situation.
« Nous sommes ici ce matin pour dire à Papa ADO que nous bénéficions d’un statut à peine supérieur à celui d’un animal. C’est pourquoi, Papa ADO, nous nous inclinons devant vous pour vous supplier de valoriser notre existence », a poursuivi le coordonnateur national des EVNI.
Koné Robert a rappelé les conditions dans lesquelles ces enseignants ont exercé leur métier dans les zones Centre, Nord et Ouest (CNO), alors sous le contrôle des Forces nouvelles, pendant la crise politico-militaire.
« Dans des circonstances liées à la vie politique de notre beau pays, des hommes et des femmes appartenant à des sensibilités politiques différentes, mais partageant une même aspiration à la justice et à la lutte contre toutes les formes de discrimination, rassemblés au sein du Mouvement des enseignants volontaires de Côte d’Ivoire (MEVCI), sous l’autorité du Comité École-Examen dirigé par les Forces nouvelles, ont ouvert les écoles au prix de mille et un sacrifices », a-t-il expliqué.
Il a indiqué que ces enseignants avaient poursuivi leur mission dans des conditions marquées par l’insécurité et l’absence de rémunération. « Bravant le sifflement des balles des armes à feu, d’une part, et la faim, d’autre part, sans rémunération », a-t-il précisé.
Koné Robert a également rappelé les résolutions issues de l’atelier organisé les 4 et 5 janvier 2008 à Yamoussoukro sur le thème « Concertation sur la situation des enseignants volontaires des DREN du Centre, du Nord et de l’Ouest ».
Au nombre de trois, ces résolutions portaient sur l’intégration à la fonction publique des enseignants volontaires remplissant les conditions requises, la prise en compte, par le Programme national de réinsertion et de réhabilitation communautaire (PNRRC), devenu par la suite l’Autorité pour le désarmement, la démobilisation et la réinsertion (ADDR), des enseignants volontaires non éligibles à la fonction publique, ainsi que le paiement par l’État de Côte d’Ivoire d’une somme de 1,8 milliard de FCFA.
« Malheureusement, force est de constater qu’à ce jour, 22 août 2026, nous autres, au nombre de 5 120 qui n’avons pas été intégrés, sommes des laissés-pour-compte », a déploré le coordonnateur national des EVNI.
Il a affirmé que les enseignants concernés n’ont bénéficié ni de la mesure d’intégration à la fonction publique, ni de la prise en compte prévue dans le cadre du PNRRC, ni du paiement de la somme de 1,8 milliard de FCFA annoncée dans les résolutions de l’atelier de 2008.
(AIP)
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