Abidjan, 18 oct 2026 (AIP) – La mise en place d’une unité interservices permanente au Port autonome d’Abidjan (PAA) figure parmi les principales recommandations formulées à l’issue d’un exercice de lutte contre les trafics illicites maritimes organisé du 12 au 16 octobre 2026, afin de renforcer la coordination des administrations ivoiriennes en mer.
« Les autorités ivoiriennes sont invitées à mettre en place une unité interservices permanente au Port autonome d’Abidjan, associant les administrations concernées, notamment la Marine nationale, la douane, la police, la gendarmerie, les affaires maritimes et la justice, en s’inspirant des modèles existants dans d’autres pays et en les adaptant au contexte national », a déclaré vendredi 16 octobre 2026 à la direction du Port, le coordinateur régional du projet de coopération portuaire( SEACOP), Akizi-Egnim Akala, lors de la cérémonie de clôture des travaux et de remise des attestations aux participants
Il a également préconisé l’organisation d’exercices périodiques et la mise en place d’un programme annuel d’entraînement comprenant des visites réelles de navires, afin de renforcer la cohésion des équipes et leur capacité à intervenir en situation opérationnelle.
Le coordinateur a par ailleurs, plaidé pour la mise à disposition de moyens adaptés, notamment à travers une ligne budgétaire dédiée aux communications sécurisées et interopérables, aux équipements de fouille et de détection, ainsi qu’au matériel de police scientifique adapté au milieu maritime.
M. Akala a présenté les principaux acquis, les défis à relever et les recommandations visant à pérenniser les compétences acquises par les différentes administrations participantes.
Selon lui, l’exercice a atteint ses objectifs, depuis la formation théorique jusqu’à la simulation opérationnelle en mer.

Les administrations participantes ont exécuté conjointement les différentes étapes de l’intervention, notamment la réception du renseignement, l’activation de la cellule de crise, le ciblage, l’abordage, la fouille, la saisie et la transmission du dossier à l’autorité judiciaire.
« Le scénario, volontairement exigeant et ambitieux, a montré que les bases sont acquises », a-t-il souligné, précisant que l’exercice a également permis de mettre en évidence les conditions nécessaires à la transformation de ces acquis en capacités opérationnelles durables au service de l’action de l’État en mer.
Parmi les principaux acquis, il a relevé l’efficacité de la coordination interservices, la réactivité de la cellule de crise et le partage de l’information entre les administrations. Il a également salué le respect des règles de sécurité à bord, la conformité des saisies aux procédures et à la chaîne de preuve, ainsi que l’engagement du personnel mobilisé.
Toutefois, plusieurs défis restent à relever, notamment la pérennisation des équipes d’intervention, le renforcement de l’entraînement et l’amélioration des moyens techniques.
M Akala a averti que les compétences acquises risquaient de se perdre en l’absence d’une structure permanente et d’exercices réguliers permettant de consolider les automatismes opérationnels.
Il a également relevé l’insuffisance des équipements de fouille performants et du matériel de police scientifique adapté aux interventions en milieu maritime.
La circulation de l’information constitue un autre enjeu majeur. Celle-ci doit s’effectuer par un canal unique, sécurisé et fiable, depuis les équipes déployées en mer jusqu’à l’autorité judiciaire, a-t-il estimé.
Aussi, a-t- il insisté sur la nécessité de renforcer l’appui judiciaire en temps réel, notamment par la formation de magistrats au droit et aux procédures maritimes.
Il a enfin invité les partenaires internationaux à accompagner les autorités ivoiriennes dans la consolidation des acquis, en s’inspirant des unités opérationnelles existant dans d’autres pays, tout en tenant compte des réalités nationales.

Organisé avec l’appui du Port autonome d’Abidjan et de l’Institut de sécurité maritime interrégional (ISMI), l’exercice visait à tester le dispositif national de riposte face aux trafics illicites maritimes.
Il s’inscrit dans le cadre des projets « Sécurisation des corridors, des ports et des échanges en Afrique de l’Ouest et du Centre » (SCOPE Africa) et « Coopération portuaire » (SEACOP), financés par l’Union européenne dans le cadre de sa stratégie Global Gateway.
L’opération en mer a été précédée de trois jours de formation théorique et pratique, ainsi que de mentorat. Au total, 66 participants issus de la Marine nationale, des douanes, de la police, de la gendarmerie, des affaires maritimes, de la justice, du Port autonome d’Abidjan et du ministère des Affaires étrangères ont pris part à l’exercice.
La cérémonie de clôture qui s’est tenu en présence du secrétaire permanent du Secrétariat permanent du Comité interministériel de l’Action de l’État en mer (SEPCIM-AEM), Abdoulaye Fofana, du directeur général du PAA, Kassoum Traoré et de l’ambassadeur de l’Union européenne en Côte d’Ivoire, Irchad Razaaly.
(AIP)
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