Abidjan, 17 oct 2026 (AIP)- La ministre sénégalaise de la Culture, des Industries créatives et du Patrimoine historique, Mame Coumba Diop, a exprimé vendredi 16 octobre 2026, la « gratitude de la Nation » à l’écrivain et ancien ministre Cheikh Hamidou Kane, décédé le 4 octobre, lors d’un hommage organisé dans le cadre de la 18e édition de la Foire internationale du livre et du matériel didactique de Dakar (FILDAK).
« À sa famille ici représentée, j’adresse la gratitude de la Nation ainsi que l’expression de la profonde sympathie [de celle-ci] dans cette épreuve », a déclaré Mame Coumba Diop, saluant la mémoire d’un patriarche des lettres africaines « qui a tout donné à son pays, mais qui n’a jamais rien réclamé ».
« Cheikh Hamidou Kane, un auteur de cette stature ne disparaît pas, il se transmet », a-t-elle ajouté, soulignant ainsi la portée durable de son héritage intellectuel et littéraire.
Au nom de la famille du défunt, son cousin Racine Abdou Kane a souligné la cohérence entre la vie de l’écrivain et les valeurs portées par ses œuvres majeures, notamment L’Aventure ambiguë, publiée en 1961, devenue un livre de chevet pour des millions de lecteurs, et Les Gardiens du temple, paru 34 ans plus tard.
Il a également rendu hommage à l’engagement de Cheikh Hamidou Kane au service de l’État et de l’Afrique, saluant la droiture d’un homme pour qui « le pouvoir est une charge et non une récompense ».
Selon lui, l’ancien responsable public a marqué plusieurs générations, au Sénégal comme au-delà des frontières nationales, sans jamais confondre « la fonction et la grandeur, la notoriété et la valeur, le bruit et la parole ».
Cheikh Hamidou Kane a notamment exercé les fonctions de directeur régional de l’UNICEF pour l’Afrique occidentale et centrale, avec un poste à Abidjan, en Côte d’Ivoire, de 1967 à 1974. De retour au Sénégal, il a été ministre du Développement industriel et de l’Artisanat de 1978 à 1983, puis ministre du Plan et de la Coopération à partir du 3 avril 1983, sous la présidence d’Abdou Diouf. Il a quitté le gouvernement le 5 avril 1988, à sa demande.
Pour Racine Abdou Kane, le plus bel hommage à rendre à l’illustre écrivain ne réside ni dans l’érection d’une statue, ni dans la pose d’une plaque commémorative, ni dans l’attribution d’une médaille. Il consiste plutôt à encourager la lecture, à donner aux jeunes générations, notamment aux jeunes filles, le goût de l’écriture et à préserver le lien entre le savoir et les valeurs culturelles.
« Ce sera un enfant qui lit à la lueur d’une langue, ce sera une jeune fille qui ose prendre la plume pour écrire, ce sera une nation qui refuse de choisir entre savoir et l’âme », a-t-il déclaré, estimant que l’œuvre de Cheikh Hamidou Kane rappelle la nécessité de concilier connaissance et identité culturelle.
La 18e édition de la FILDAK, qui se poursuit jusqu’à lundi, constitue ainsi un cadre de célébration de l’héritage littéraire et intellectuel sénégalais, ainsi que de réflexion sur la transmission culturelle aux générations futures.
La cérémonie s’est tenue dans la salle Alioune Diop du Centre international du commerce extérieur du Sénégal (CICES), en présence de personnalités et d’acteurs du monde littéraire.
(AIP)
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