Yamoussoukro, 17 août 2026 (AIP) – La Côte d’Ivoire va former mille jeunes applicateurs de produits phytosanitaires pour renforcer la protection des vergers d’anacardier contre les maladies et les insectes ravageurs, dans le cadre d’un programme présenté lundi 17 août 2026 à Yamoussoukro par l’Organisation interprofessionnelle agricole de l’anacarde (OIA Anacarde).
Cette initiative vise à répondre aux défis de productivité et de qualité auxquels fait face la filière, tout en favorisant l’insertion professionnelle et l’entrepreneuriat des jeunes dans les zones rurales.
Le représentant du ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, André Kouassi, a salué une initiative qui s’inscrit dans les orientations gouvernementales en matière de développement des filières agricoles, de professionnalisation des acteurs, de protection des producteurs et de promotion de l’emploi des jeunes.
Il a rappelé que la filière anacarde occupe une place stratégique dans l’économie ivoirienne et le développement des zones rurales. Elle contribue à hauteur d’environ 7 % au produit intérieur brut national et constitue une importante source de revenus pour de nombreuses familles agricoles.
La production nationale de noix brutes de cajou, qui était d’environ 500 000 tonnes en 2013, a atteint près de 1,5 million de tonnes en 2025, confortant la position de la Côte d’Ivoire comme premier producteur mondial, avec environ 40% de la production mondiale.
Selon le représentant du ministre, la protection des vergers contre les maladies et les insectes ravageurs constitue une condition essentielle au maintien du potentiel productif de l’anacardier, à l’amélioration des rendements et à la consolidation des acquis de la filière.
Il a salué les actions engagées par l’OIA Anacarde, notamment la formation des producteurs sur les maladies et les insectes ravageurs de l’anacardier, le développement des services agricoles de proximité, les campagnes de réhabilitation des vergers denses ainsi que les initiatives en faveur de l’autonomisation des femmes.
Le programme de formation de 1 000 jeunes doit permettre de disposer de compétences de proximité capables d’accompagner efficacement les producteurs dans la protection de leurs vergers.
Pour le représentant du ministère, cette initiative répond à un double enjeu, à savoir protéger les productions agricoles et favoriser l’insertion professionnelle des jeunes. Les bénéficiaires devront être formés afin de devenir de véritables acteurs du développement des filières agricoles, capables d’offrir des services de proximité aux producteurs.
De son côté, le président de l’OIA Anacarde, Soro Beh, a souligné que cette formation est l’une des premières actions concrètes issues de l’atelier national consacré à la mise en place des services agricoles de proximité, tenu du 12 au 14 juillet.
Les participants à cet atelier avaient notamment relevé la recrudescence des maladies et des insectes ravageurs comme l’une des principales préoccupations affectant les rendements et les revenus des producteurs.
« La formation que nous lançons aujourd’hui constitue donc l’une des premières actions concrètes de mise en œuvre de cette vision collective », a-t-il déclaré, appelant à rapprocher les services techniques des producteurs.
M. Soro Beh a également invité les jeunes bénéficiaires à saisir cette opportunité « avec sérieux et détermination », estimant que les compétences acquises devront leur permettre de créer de la valeur, de créer des emplois et de renforcer leur autonomie économique.
Il a appelé les producteurs à accueillir favorablement ces nouveaux prestataires dans leurs localités, estimant qu’ils ne viennent pas remplacer leur expérience, mais la renforcer grâce à leurs compétences techniques.
La réussite du programme nécessitera une synergie entre l’État, les structures d’encadrement, les organisations professionnelles agricoles, le secteur privé et les producteurs. L’objectif est de faire émerger une nouvelle génération d’acteurs de proximité capables de contribuer durablement à la protection des vergers, à l’amélioration de la productivité et à la compétitivité de la filière anacarde ivoirienne.
(AIP)
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