Abidjan, 31 mai 2025 (AIP)-La commissaire aux Affaires économiques et à l’Agriculture de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Massandjé Touré-Litse, a plaidé en faveur d’une inclusion renforcée des femmes dans les politiques économiques et commerciales régionales, le jeudi 29 mai 2025, à l’occasion d’un panel organisé dans le cadre du 7e Salon international de l’agriculture et des ressources animales (SARA).
S’exprimant lors de cette session dédiée à l’autonomisation des femmes dans le commerce régional, Mme Touré-Litse a souligné qu’elles représentent jusqu’à 70 % des commerçants transfrontaliers opérant de manière informelle dans la région.
Actrices majeures du commerce agroalimentaire, elles sont impliquées à tous les niveaux de la chaîne de valeur, de la production à la transformation, en passant par le transport et la distribution. Pourtant, leurs efforts restent largement invisibilisés, faiblement protégés et insuffisamment pris en compte dans les cadres politiques existants.
« Malgré leur rôle central, les femmes commerçantes se heurtent à de nombreux obstacles, qu’il s’agisse de l’accès au foncier, au financement, aux infrastructures logistiques, ou encore des barrières juridiques et socioculturelles persistantes », a-t-elle déploré.
Elle a également dénoncé les cas de harcèlement, les frais informels ainsi que les discriminations systémiques auxquels les femmes font face, notamment aux postes frontières.
La commissaire a mis en lumière les initiatives concrètes entreprises par la CEDEAO pour intégrer la dimension genre dans ses politiques sectorielles, rappelant l’existence d’une direction du genre, basée à Dakar, qui œuvre à la transversalisation des enjeux relatifs à l’égalité entre les femmes et les hommes. Elle a également mentionné plusieurs programmes phares portés par l’organisation, en collaboration avec ses partenaires.
« Nous devons être à l’écoute des femmes commerçantes, comprendre leurs besoins réels, harmoniser nos politiques commerciales, et faire de la question du genre une priorité explicite au niveau régional », a-t-elle affirmé.
Elle a appelé à l’élaboration d’une feuille de route concertée, impliquant les États membres, la société civile, le secteur privé ainsi que les partenaires techniques et financiers.
(AIP)
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