Danané, 17 juil 2025 (AIP)-Les autorités ivoiriennes ont lancé le mardi 15 juillet 2025 à Danané, une campagne de sensibilisation sur les dangers de la migration non encadrée, principalement à destination des jeunes filles de l’Ouest du pays, avec pour objectif de prévenir les départs irréguliers et promouvoir une migration régulière et préparée.
Portée par le ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, avec l’appui technique et financier de l’Organisation internationale du Travail (OIT), cette campagne s’inscrit dans le cadre du « Programme intégré pour le recrutement équitable (FAIR III) ». Menée jusqu’à vendredi, elle cible les femmes et jeunes filles de Danané, localité frontalière avec la Guinée et le Libéria, identifiée comme une zone à forte mobilité migratoire.
Lors de la réunion de lancement à la préfecture de Danané, les autorités ont alerté sur les nombreux cas de jeunes filles victimes d’abus après être parties sans préparation vers des pays du Golfe ou certains États de la CEDEAO. Une projection de film institutionnel a permis d’illustrer ces réalités.

« De plus en plus, nous avons constaté que la migration se féminise et donc nos jeunes filles et nos jeunes sœurs sont confrontées à des situations difficiles et d’abus », a indiqué la coordinatrice nationale du projet FER 3 à l’OIT, N’dri Aya Alida Tanoh.
Elle a ajouté que le choix de Danané repose sur le constat que « la plupart de ces jeunes filles viennent de l’Ouest », selon des données de la direction générale des Ivoiriens de l’extérieur (DGIE).
Sur la période indiquée, des équipes se déploieront dans les marchés, auprès des groupements féminins et sur les radios locales pour relayer le message. Une migrante de retour, ayant vécu les réalités de la migration clandestine, accompagne la campagne afin de partager son expérience. Elle témoigne des risques encourus, des abus subis et de son parcours de réinsertion après son rapatriement par la DGIE.
« Nous ne disons pas que la migration est une mauvaise chose, mais nous attirons l’attention sur les dangers et les risques », a précisé Mme Tanoh. Elle a souligné l’importance pour les jeunes filles de « préparer leur projet de migration » et de « prendre toutes les informations nécessaires pour garantir des conditions de vie et de travail décentes à l’étranger ».
Le sous-directeur des relations avec les partenaires du ministère, Silué Richard, a rappelé l’engagement de l’État à accompagner les projets de migration encadrée. « Ce que nous sommes venus leur dire, c’est que l’État se tient à leur côté pour que s’ils veulent migrer, il faudrait que cette migration se fasse de façon régulière et préparée », a-t-il soutenu.

Le préfet de Danané, Hahoutou N’guessan Vincent, a exhorté les responsables d’associations à s’approprier le message. Il les a invités à « prendre le relais de ce qui est fait » pour étendre la sensibilisation dans les communautés.
Du côté des bénéficiaires, Sokoua Eugénie Thérèse, membre de l’association Femmes du Mont Nimba, a souhaité que les jeunes soient vraiment sensibilisés et accompagnés pour leur insertion sociale. « C’est le manque d’information qui les pousse à se laisser aller jusqu’à ce que mort s’en suive. »
Des supports d’information tels que des tee-shirts, flyers et brochures sont distribués pendant de la campagne. Des renseignements sur les voies régulières de migration et sur l’Agence emploi jeune sont portées à la connaissance des personnes.
(AIP)
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