Facobly, 15 août 2025 (AIP)-Le projet d’aménagement durable de l’agro-forêt de Flansobly, située dans les sous-préfectures de Koua et Sémien (département de Facobly), a été officiellement lancé, mercredi 13 août 2025, à la mairie de Facobly.
L’atelier de lancement, organisé par le ministère des Eaux et Forêts en collaboration avec Afrijapan-Africasia International Corporation, a réuni des experts du ministère, les responsables forestiers des régions du Guémon et du Tonkpi, le corps préfectoral de Facobly, des chefs coutumiers et des représentants d’associations locales.
Ce projet s’inscrit dans la stratégie nationale de préservation, de réhabilitation et d’extension des forêts adoptée en 2019, qui vise la reconstitution du couvert forestier national à hauteur de 20 % du territoire et la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 30,41 %.
Il concerne une superficie de 15 450 hectares appartenant à la forêt classée de Flansobly, dont le taux de dégradation avait été évalué à plus de 90 % en 2015 par le Bureau national d’études techniques et développement (BNETD).

« Si rien n’est fait, cette forêt risque de perdre totalement ses fonctions écologiques, économiques, culturelles et sociales », a déclaré le directeur de cabinet du ministre des Eaux et Forêts, Koffi Dja Antoine lors du lancement du projet.
Un état des lieux sera réalisé, comprenant des études cartographiques, socio-économiques, floristiques et fauniques. Les résultats permettront de définir collectivement les orientations du futur plan d’aménagement.
« Ce plan devra répondre aux objectifs environnementaux et économiques de l’aménagement mais également aux assignations des populations riveraines qui ne seront pas oubliées », a souligné M. Koffi.
Le projet prévoit la création d’emplois locaux à travers la mise en œuvre des activités d’aménagement et l’installation d’infrastructures sociales en concertation avec les communautés.
Pour le président du groupe Afrijapan, Bléka Ferdinand, par ailleurs promoteur du projet, l’intention de cet aménagement est de »réhabiliter toutes les plantes médicinales et pharmaceutiques au monde rares, qui sont en voie d’extinction » , avec pour objectif de faire de l’aménagement de l’agro-forêt de Flansobly une forêt médicinale et pharmaceutique pour une conservation durable.
Le professeur Amoa Urbain a pour sa part appelé à intégrer la dimension traditionnelle dans la mise en œuvre du projet. « Il faut associer les garants des us et coutumes, ces initiés qui savent communiquer avec notre cosmogonie africaine », a-t-il déclaré.
Deux communications ont été faites au cours de l’atelier, une présentation générale sur l’agro-forêt de Flansobly et une autre sur les objectifs et les résultats attendus du projet. Les échanges qui ont suivi ont permis aux participants d’obtenir des clarifications et d’exprimer des préoccupations.
Le projet, qui s’étendra sur une période de dix ans (2026-2035), inclut la réhabilitation des écosystèmes végétaux et animaux, la conservation d’espèces locales telles que l’akpi (Ricinodendron heudelotii) et le kplè (Irvingia gabonensis), la création de jardins botaniques, la conduite de recherches scientifiques, la mise en place de projets générateurs de revenus, ainsi que le développement de l’écotourisme et la structuration de la production agricole locale.
(AIP)
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