Man, 27 août 2025 (AIP)-Les membres du comité local de gestion des plaintes de la ville de Man ont été outillés pour encadrer les impacts du Projet de développement durable et inclusif des villes secondaires (PDDIVS) dont la localité est bénéficiaire, à l’occasion d’un atelier de formation tenu les 25 et 26 août 2025 dans un complexe hôtelier de ladite ville.
L’ atelier de formation a été présidée par le secrétaire général 1 de la préfecture, Stéphane Guiriga, et visait à renforcer les capacités des acteurs locaux pour la mise en œuvre du mécanisme de gestion des plaintes (MGP), exigé dans le cadre de ce projet classé à risque substantiel.
Le spécialiste en développement social du PDDIVS, Youl Félix, a expliqué que la formation a été initiée au profit des membres du comité local de Man installé le 13 mars 2025. Elle a porté sur la compréhension des concepts clés liés à la gestion des plaintes, les méthodes d’enregistrement, de traitement, de résolution amiable et de suivi des requêtes.

M. Youl a indiqué que toutes les activités prévues dans le cadre du projet sont susceptibles de générer des impacts sociaux et environnementaux pouvant faire l’objet de plaintes ou de préoccupations.
« Il est très important que les populations bénéficiaires aient la possibilité d’interagir avec le projet, d’exprimer leurs griefs, leurs doléances ou leurs préoccupations. Cela contribue à nourrir le projet et à améliorer sa mise en œuvre », a-t-il déclaré.
Il a souligné que le mécanisme mis en place est conçu comme un outil participatif, rapide et accessible, permettant de résoudre les plaintes de manière amiable, sans systématiquement recourir aux juridictions.
Le spécialiste a insisté sur l’importance d’un tel dispositif pour garantir la durabilité des réalisations et assurer une meilleure appropriation du projet par les communautés locales. Il a également précisé que le mécanisme est conforme aux directives de la Banque mondiale et aux instruments nationaux de gestion environnementale et sociale.
Intervenant sur les plaintes sensibles, notamment celles liées aux violences basées sur le genre (VBG), le spécialiste en genre et inclusion sociale du PDDIVS, Brice Kouamé, a attiré l’attention des participants sur les risques induits par l’exécution des travaux dans la commune. Il a mentionné que des cas de harcèlement, de viol, ou de grossesses non désirées ont été relevés dans d’autres projets de même envergure.

M. Kouamé a expliqué que les plaintes doivent être immédiatement référées à la plateforme VBG de la commune de Man, structure habilitée à leur prise en charge. « Ce qu’ils doivent retenir, c’est que les plaintes liées aux VBG sont sensibles et doivent être traitées dans l’urgence », a-t-il précisé, tout en indiquant que le rôle du comité local est d’assurer la bonne orientation de ces signalements.
Présent à l’atelier, Williams Toh Daniel, membre du comité local, a salué la démarche. Il a affirmé que la formation leur a permis de mieux comprendre les attentes du projet et de disposer des outils nécessaires pour faire face aux réclamations. « Il était important de former les membres du comité car les activités du projet peuvent générer des impacts, et donc des plaintes. Nous sommes désormais mieux outillés pour les prendre en charge », a-t-il déclaré.
Financé par le gouvernement ivoirien et la Banque mondiale depuis avril 2023, le PDDIVS a pour objectif d’améliorer l’accès aux infrastructures urbaines vertes et résilientes ainsi qu’aux services de base, tout en renforçant les capacités des administrations locales dans huit villes secondaire, à savoir, Bouna, Boundiali, Ferkessédougou, Korhogo, Man, Odienné, Ouangolodougou et Tengrela.
En raison de la nature et de l’envergure de ses activités, le projet a été classé à risque substantiel, impliquant le déploiement d’un mécanisme de gestion des plaintes dans chaque ville ciblée. Ce mécanisme est destiné à recueillir, documenter, analyser et traiter les préoccupations des populations et des parties prenantes, tout au long de la mise en œuvre du projet.
(AIP)
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