Abidjan, 30 sept 2025 (AIP)- Il est 19h à Dibykro, un village situé à sept kilomètres de la ville de Tiassalé. Ici, Elisée Konan gère une boutique atypique avec sa particularité d’être alimentée par l’énergie solaire. Autrefois limité par l’absence d’électricité, le jeune commerçant avait du mal à stocker ses produits frais. Le vendredi 26 septembre 2025, Konan a fait le choix de s’équiper de deux réfrigérateurs alimentés par des panneaux solaires. Désormais, seul les rayons soleil de l’astre lui fournissent l’énergie solaire pour maintenir ces produits au frais. « Avant, nous travaillions de matin pour fermer à 18h par-là, aujourd’hui grâce au panneau solaire, nous veillons pendant même les jours de fête, cela est bénéfique au village », témoigne-t-il lors d’un entretien avec l’AIP.
La mise en service de minicentrales solaires hybrides, des localités rurales a permis aux trois villages de Tiassalé à savoir Dibykro, Brahimakro, Aka Yaokro, de sortir de l’obscurité, en marquant une victoire pour le programme d’électrification rurale décentralisée de la Côte d’Ivoire. Ce projet, mené en collaboration avec des partenaires internationaux, transforme le quotidien des communautés en misant sur l’abondance du soleil ivoirien.
#Dibybro, l’un des villages pionniers du « 100% solaire »
Les conditions d’ensoleillement sont très bonnes en Côte d’Ivoire avec un potentiel de plus de 1 900 kWh/m². Ce potentiel solaire est donc exploitable dans tout le pays, bien qu’il soit meilleur dans sa moitié Nord. Les technologies de production d’énergie solaire sont caractérisées par une forte baisse des coûts depuis cinq ans. Les projets d’énergie solaire sont en conséquence de plus en plus compétitifs. C’est le cas de Dibykro, un village de la sous-préfecture de Tiassalé, dans la région de l’Agneby (Sud), qui a été électrifié en février 2021 via une mini centrale d’énergie solaire. Cette localité, tout comme 17 autres de la Côte d’Ivoire, a bénéficié du projet Ecler ivoire financé par l’Union européenne (UE) et mis en œuvre par Expertise France, filiale du groupe Agence française de développement (AFD).
Ce village, autrefois dépendants de sources d’énergie coûteuses, bénéficie désormais de l’électricité 24h/24. Cette localité a vu l’installation de minicentrales basées sur des panneaux photovoltaïques avec système de stockage, couplés à un générateur (système hybride) pour prendre le relais en cas de besoin. L’objectif du gouvernement est clair: apporter une solution énergétique compétitive et de haute qualité aux zones rurales les plus difficiles à raccorder au réseau électrique national. Cette minicentrale solaire a été mise en service officiellement le 25 février 2025 par l’ancien ministre des Mines, du Pétrole et de l’Energie, Thomas Camara.
« C’est un changement total pour nos familles. Avant, les enfants devaient étudier à la lumière des lampes-tempête, et les activités cessaient à la tombée de la nuit. Aujourd’hui, nos femmes peuvent conserver les aliments au frais et nos artisans peuvent travailler plus longtemps », déclare le chef du village de Dibykro, Nanan Koffi Konan Jean-Claude.
Selon lui, les dernières batailles dans la quête d’électrification de son village démarrent en 2009, quand il apprend lors d’une réunion à la mairie de Tiassalé, qu’il existe pour lui, une autre voie pour électrifier sa localité : une centrale solaire. D’autant plus que la localité ne remplissait pas les conditions pour bénéficier du Programme national d’électrification rurale (PRONER).
Le chef traditionnel a donc pris son bâton de pèlerin pour finalement bénéficier d’un appui de l’Organisation mondiale du développement (OMD) qui débouche sur la sélection Dibykro au lancement du projet Ecler ivoire en 2018.
Le premier responsable de Dibykro est reconnaissant de ce qu’avant le début des travaux d’électrification, le village a d’abord bénéficié d’un lotissement. Puis grâce au programme électrification pour tous (PEPT) les villageois ont bénéficié de lumière à domicile.
« Cela ne nous a pas pris assez de temps pour électrifier nos maisons parce qu’à travers le projet Ecler ivoire, nous avons bénéficié du PEPT. Chacun de nous a le courant déjà installé chez lui », témoigne le chef de village, tout heureux.

#Un modèle pour l’électrification rurale
Au dire de Nanan Koffi Konan Jean-Claude, la vie à Dibykro a changé. « Aujourd’hui, nous sommes très heureux parce que l’électrification nous permet de conserver plus longtemps la nourriture. Dans le passé, lorsque nous les cuisinions nous avions du mal à les garder en bonne état mais. Mais maintenant, nous avons des congélateurs dans lesquels nous pouvons les conservés. Nous avons la possibilité d’aller au maquis pour boire bien glacée. »
Le chef du village de Dibykro a également fait savoir que les coupures de courant avec la centrale solaire sont quasi inexistantes. Sauf si des techniciens décident d’effectuer des visites au sein de la centrale. Dans ce cas, ils prennent la peine d’en informer les villageois. « Nous n’avons pas de coupure de courant intempestive comme à Abidjan ou à Tiassalé. Ici nous avons toujours le courant. »
En ce qui concerne la capacité d’alimentations des appareils, Nanan Koffi Konan indique qu’avec la centrale d’énergie solaire, ils ne sont confrontés ni à une limitation dans l’utilisation d’appareils électronique ni à des baisses constantes de tension. « Avec l’énergie solaire finit le délestage. Les gens de la ville de Tiassalé, nous envient même », relève-t-il.
Avant l’avènement de l’électricité, le chef traditionnel explique que les choses étaient un peu difficiles pour eux. « Les serpents, les crapaux et autres bestioles pouvaient entrer dans les maisons sans qu’on ne s’en aperçoive. « Nous ne pouvions pas sortir ni avoir des commerces les nuits », ajoute-t-il.
En effet, à cette période, les habitants de Dibykro n’utilisaient que des lampes-tempête dont l’éclairage était limité. Pour ceux qui avaient des plaques d’énergie solaire, ils recevaient des téléphones portables de tout le voisinage afin d’en rechargé les batteries.

#Vers le développement économique local
L’énergie solaire a facilité les activités génératrices de revenus, notamment la production de froid, la transformation des produits agricoles et l’artisanat.
Dans ce village de plus de 1000 habitants (chiffre provenant du chef de village aux regards du dernier récemment), l’avènement de l’électricité est en train de booster l’économie locale. Deux kiosques à café sont en passe d’être achevés. Bientôt les habitats de Dibykro pourront s’offrir par exemple du café, accompagné d’omelette, du lait caillé, et autres.
Aussi, le village s’est-il enrichi d’une deuxième boutique, d’une poissonnerie et d’une ferronnerie. De plus, la buvette du village, selon Kouamé Kouamé Nestor, le propriétaire-gérant, peut rester ouvert jusqu’à 23 voire à l’aube pendant les périodes de fête. Sa recette journalière oscille maintenant entre 10 000 FCFA et 20 000 FCFA.
De son côté, Kouakou Adjoua Augustine, en plus de ses travaux champêtres, est aussi devenue vendeuse de jus, de yaourt pour enfant et de glace quand il fait chaud. Elle indique que grâce à ce commerce, elle participe à la scolarisation de ses deux enfants respectivement en classe de CE2 et 6ème. « Ma vie a vraiment changé grâce à mon commerce. J’arrive à participer à la scolarisation mes deux enfants », se réjouit-elle.
Avec l’électrification, Kouakou Koffi, le propriétaire de la poissonnerie du village, a aussi évolué dans sa technique de conservation des poissons. Mieux, il peut se permettre de passer des commandes conséquentes. « Avant l’électrification, il me fallait fumer mes poissons qui venaient congelés pour les conserver en bon état. Je ne pouvais pas non plus prendre ni de grande commande ni de gros poissons. Aujourd’hui, il y a le courant et je fais de grandes commandes pour nourrir la population. »
Joëlle N’Guessan, l’épouse du propriétaire de la buvette du village, a désormais le cœur en joie. « Nos enfants élèves étudiaient avec des torches ou lampes-tempête. Ce qui leur donnait des maux d’yeux et ne leur permettait pas d’être excellents en classe », rappelle-t-elle, avant de souligner que ce souvenir est désormais bien loin derrière elle.
L’électrification de Dibykro n’a pas seulement changé le quotidien des habitants, mais, il a mis fin à l’exode rural et contribué à favoriser le retour des fils du village installés en ville ou dans d’autres villages.
Depuis, certains ont commencé à construire des maisons, et progressivement, les logements en terre battue sont en train de faire place aux concessions en en brique de ciment. « Il faut reconnaître avec grande joie qu’avec le projet Ecler Ivoire, nos frères d’Abidjan qui refusaient par le passé de construire des maisons ici, ont dorénavant changé d’avis. Ils ont commencé à bâtir au village ici », confie Nanan Koffi Konan Jean-Claude.
D’autres natifs du village disent être revenus s’installer soit pour entreprendre soit pour travailler. C’est le cas du jeune Akilas Konan, ferronnier de profession revenu d’Abidjan, pour exercer son métier dans son village. « C’est la ferronnerie que je faisais avant à Abidjan. Comme l’électrification est là, je suis revenu. Actuellement, j’ai des commandes. Je peux me retrouver avec trois ou quatre portails à faire. Pour un début, je trouve que c’est déjà bon parce que le village n’est pas encore bien développé », témoigne-t-il.
A l’instar de Dibykro, Brahimakro et Aka Yaokro connaissent la même évolution en terme de développement social et économique.

#La CIE prend les rênes à Dibykro
Le projet novateur d’électrification rurale par énergie solaire, initié dans des villages comme Dibykro, prend une nouvelle dimension stratégique. Conformément au modèle de gestion du secteur de l’énergie en Côte d’Ivoire, c’est désormais la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE) qui assure l’exploitation et la commercialisation de l’électricité produite par la minicentrale solaire hybride de la localité. En effet, en Côte d’Ivoire, la CIE est le concessionnaire unique en charge du service public de distribution et de commercialisation de l’électricité. Les projets d’électrification décentralisée, comme ceux mis en œuvre dans le cadre du programme Ecler Ivoire, sont conçus pour s’intégrer à terme dans ce schéma national. Cette intégration à Dibykro est cruciale. Elle garantit que la minicentrale solaire hybride, qui couple des panneaux photovoltaïques à un système de stockage et de secours par groupe électrogène, est gérée selon les normes et la fiabilité du réseau national.
« Notre rôle est d’assurer la continuité et la qualité du service. En gérant la distribution à Dibykro, nous assurons aux populations les mêmes standards de fourniture d’électricité, de facturation et de maintenance que ceux appliqués aux clients du réseau interconnecté », explique un agent de la CIE, sous le couvert de l’anonymat.
Pour les habitants de Dibykro, cette transition signifie la fin de toute ambiguïté concernant la gestion de leur nouvelle source d’énergie. Ils sont désormais des clients directs de la CIE.
Les habitants de Dibykro bénéficient de la grille tarifaire nationale en vigueur, incluant le Programme Électricité pour tous (PEPT), assurant un accès à l’électricité à un coût abordable. Ainsi, les problèmes liés à la fourniture sont traités par les agences de la CIE, centralisant le service client.
Toutefois, la maintenance et l’exploitation des installations sont désormais assurées par les équipes techniques de la CIE et un fils du village de Dibykro, pour garantir la durabilité de l’infrastructure solaire. Il s’agit de Yao Kouamé Jean David, un électricien en bâtiment et réseaux de formation. Il est également devenu le partenaire local producteur (PLP) de la Centrale hybride solaire qui alimente son village. M. Yao a expliqué qu’avant de prendre fonction, il a reçu une formation au sein de la CIE pour s’occuper du contrôle des installations et de l’entretien des dispositifs.
« J’ai fait ma formation dans une école professionnelle à Tiassalé où j’ai reçu mon diplôme. Je suis sur la centrale depuis presque son installation. Mon rôle, c’est de contrôler les installations. En cas d’incident sur la centrale, je fais le rapport à mes supérieurs. Je nettoie le site et les appareils qui sont dans les différentes salles. Je suis un enfant du village et je suis le seul technicien sur cette centrale site. »
Eu égard à tout ce qui précède, l’intégration de la centrale de Dibykro dans la gestion de la CIE est un signal fort de la volonté du gouvernement de faire des énergies renouvelables un pilier de la stratégie énergétique nationale. Le modèle hybride utilisé à Tiassalé démontre la faisabilité de fournir une électricité de haute qualité, même dans les localités les plus éloignées. En confiant la commercialisation à la CIE, l’État ivoirien consolide non seulement son objectif d’électrification rurale universelle, mais renforce également son positionnement en tant que hub énergétique régional, capable d’intégrer des technologies vertes et décentralisées dans son réseau. Le succès de Dibykro servira de modèle pour d’autres localités isolées où l’extension du réseau classique est économiquement moins viable, confirmant l’énergie solaire comme une solution d’avenir pour l’équité territoriale.

#À Dibykro et dans les campements, les factures gâchent la joie des amateurs du solaire
L’arrivée de l’électricité par minicentrale solaire hybride dans le village de Dibykro avait été accueillie comme une véritable bénédiction. Cependant, l’euphorie initiale a laissé place à l’inquiétude. En effet, les premières factures de la CIE, jugées exorbitantes par les populations, menacent de rendre la lumière inaccessible. Malgré une source d’énergie renouvelable et locale, le coût de l’électricité soulève de vives tensions.
« Au départ avec l’étude de faisabilité, les promoteurs du projet Ecler Ivoire nous avaient dit qu’on n’allait pas payer aussi cher que maintenant. Au contraire, ils nous signalés que nos factures seraient adaptées à nos dépenses qu’on effectuait avec l’achat des piles pour les torches, c’est-à-dire au moins 1.000 francs CFA 1.500 francs CFA, voire 2.000 francs CFA. Mais aujourd’hui, avec le compteur CIE, nos factures sont exorbitantes. C’est-à-dire qu’on paye plus que les 2.000 francs CFA qu’on avait prévus. Aujourd’hui, quelqu’un peut aller jusqu’à 5.000 francs CFA à la fin du mois. Pourtant dans le passé, les compteurs de la structure SAGEM qui sont venus de France étaient adaptés à nos dépenses », s’offusque Nanan Koffi Konan Jean-Claude.
Pour lui, ce paradoxe du solaire cher est incompréhensible car l’énergie produite par les panneaux solaires est propre et abondante.
Comme lui, d’autres habitants de Dibykro dénoncent la gestion et la commercialisation par la CIE, qui ont engendré des coûts inattendus pour les ménages. « On nous a dit que l’énergie solaire allait nous sauver des dépenses de pétrole, mais nos factures sont plus chères que ce que nous pensions, » déplore Kouassi N’Guessan, un agriculteur.
« Nous avons de petits revenus et nous ne pouvons pas payer 5000 francs CFA par mois. C’est plus que ce que nous gagnons », ajoute-t-il.
Ainsi, les populations se sentent prises au dépourvu. L’intégration de la minicentrale n’est pourtant pas reliée au réseau national et l’application des structures tarifaires de la CIE, sont souvent jugées inadaptées au pouvoir d’achat en milieu rural.
Cependant, une partie du problème réside dans la découverte de l’électricité et l’ajustement des habitudes de consommation. Après des années de privation, les familles de Dibykro ont naturellement accru leur usage de l’électricité.
« Quand nous avons eu la lumière, nous avons allumé la nuit. Les enfants veulent regarder la télévision, on a mis un ventilateur pour la chaleur, et quelques-uns ont acheté un petit frigo pour l’eau. Mais nous ne savions pas que tout cela allait faire monter la facture si vite », explique Mme Aya Soro, une mère de famille.
Les clients ruraux sont peu familiarisés avec la lecture des compteurs à carte et la maîtrise de leur consommation énergétique, un savoir-faire qui n’a pas toujours été accompagné d’une sensibilisation suffisante.
Face à cette situation, les habitants de Dibykro plaident pour un réajustement tarifaire, ou du moins une meilleure application du Programme Électricité pour tous qui vise à faciliter l’accès à l’électricité pour les ménages modestes.
« Nous avons besoin d’un tarif adapté à la vie du village. Le gouvernement doit nous aider à rester connectés, car si les coupures commencent à cause des impayés, nous allons retourner à l’âge du pétrole et le projet aura échoué », alerte le chef de village de Dibykro.
Il a profité de l’occasion pour exprimer sa gratitude au président de la République, Alassane Ouattara, aux opérateurs, aux experts de France, SAGEM pour ce projet qui a facilité l’électrification des villages et favorisé l’amélioration des conditions de vie.

Dans les autres campements proches de Dibykro, alimentés par les panneaux solaires, les populations sont confrontées à l’absence d’un générateur. « Le générateur vient en renfort aux batteries qui conservent les énergies. Mais lorsque le soleil n’a pas brillé ou quand il a plu seulement sur plusieurs jours, les populations dorment dans le noir, parce que les batteries n’ont pas pu contenir les énergies suffisamment. En cas de déficit d’énergie solaire, dès que les panneaux solaires ont pu emmagasiner 60%, le générateur complète les autres 40%, afin d’arriver à 100% pour pouvoir électrifier le campement », détaille Nanan Koffi Konan Jean-Claude.
Dibykro se retrouve ainsi en illustration d’un défi majeur de l’électrification rurale décentralisée : garantir que l’accès à une énergie moderne et durable reste non seulement fiable, mais surtout abordable pour les populations les plus vulnérables. Le gouvernement et la CIE sont désormais appelés à trouver un équilibre entre la viabilité économique du projet et la réalité sociale des consommateurs ruraux.
(Dossier réalisé par Tanguy Gahié)
(AIP)
tg/cmas
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#Encadré 1
#Focus sur le projet Ecler Ivoire
Le projet Ecler Ivoire, mis en œuvre par l’Agence française de développement (AFD) à travers Expertise France et financé par l’Union européenne à plus de 3 287 milliards de Francs CFA, a permis d’électrifier 16 localités rurales par des centrales solaires sur l’ensemble du territoire ivoirien. Dans le cadre de la mise en œuvre en prélude à la COP 28 qui s’ est tenu du 30 novembre au 12 décembre 2023 sur la transition énergétique et le financement des énergies alternatives et durables, une délégation d’Expertise France a visité le 6 novembre 2023, la centrale hybride de Dibykro, un village de la sous-préfecture de Tiassalé.
Installée sur une superficie de 2400 m², la minicentrale solaire de Dibykro est composée de 300 panneaux solaires de 340 Wc (120kwc), de trois (3) boîtes de jonction de 25 KW, d’une (1) boîte de jonction de 15 KW, de trois (3) onduleurs réseau de 25 KW, d’un (1) onduleur réseau de 15 KW et d’un (1) générateur.
Selon Stéphane Amossi, chef de projet à Expertise France, la particularité de cette centrale, c’est qu’elle a pour but d’alimenter deux villages : Dibykro et Brahimakro. Et pour y parvenir, a-t-il expliqué, il a fallu transporter l’énergie produite en augmentant sa tension.
« Ce sont les lignes hautes tensions qui permettent de transporter le courant jusqu’à proximité du village. Puis là-bas, un autre transformateur prend le relais pour abaisser la tension du courant à 220 KW afin qu’il soit utilisable par les villageois », a-t-il expliqué.
Il a aussi indiqué que le projet débuté en 2018 et qui s’est achevé le 15 novembre 2023, est une initiative d’électrification rurale décentralisée et à grande échelle par l’énergie renouvelable.
Pour sa part, Nanan Koffi Konan Jean-Claude, chef du village de Dibykro, a exprimé la joie de la population estimée à ce jour à plus de mille habitants à avoir bénéficié du projet.
« Aujourd’hui, l’électricité solaire change tout : les écoles, les centres de santé et les foyers sont éclairés. C’est le développement qui vient à nous », a déclaré Nanan Koffi Konan Jean-Claude. Ainsi, ce modèle d’électrification décentralisée par énergies renouvelables, notamment développé dans le cadre de programmes comme Ecler Ivoire, devient une référence pour l’atteinte de l’Objectif de Développement Durable n°7, visant à garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables et modernes, à un coût abordable.

(AIP)
tg/cmas
#Encadré 2
#La Côte d’Ivoire diversifie son mix énergétique
Dans le cadre de la transition énergétique du secteur ivoirien de l’électricité et conformément à l’accord de Paris ratifié par le Gouvernement, les énergies renouvelables sont amenées à jouer un rôle important dans la production d’électricité et le secteur devrait porter la part d’énergies renouvelables à 16% dans son mix électrique à l’horizon 2030. En effet, les énergies renouvelables compétitives et disponibles en grande quantité en Côte d’Ivoire sont l’hydroélectricité, la biomasse et l’énergie solaire photovoltaïque.
C’est dans cette perspective que la première centrale solaire photovoltaïque de la Côte d’Ivoire et la plus grande d’Afrique de l’ouest, basée à Boundiali, dans le Nord du pays, a été inauguré le 3 avril 2024 par le Premier ministre de Côte d’Ivoire, ministre des Sports et du Cadre de Vie, Robert Beugré Mambé. La phrase 1 du projet est installée sur une superficie de 36 ha sur un ensemble de 78 ha avec une puissance de 37,5 Mégawatts crête (MWc).
Ce projet, réalisé avec le soutien des partenaires financiers du gouvernement allemand à travers la KFW et l’Union Européenne, vise une transition énergétique vers une énergie propre et durable et à contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique.
« A la demande expresse du Président Alassane Ouattara, je suis venu vous dire sincèrement merci, population de Boundiali et de la Bagoué, pour votre engagement et la confiance renouvelée ainsi que pour votre soutien sans faille dans la réalisation de sa grande ambition d’une Côte solidaire. Je suis convaincu que cette infrastructure est, sans nul doute, une source de développement socioéconomique avec plusieurs offres d’emplois directs et indirects », a indiqué M. Mambé.
Il a aussi salué les partenaires financiers de l’Union Européenne et de la République Fédérale d’Allemagne, pour l’accompagnement de la Côte d’Ivoire dans son développement quotidien et durable.
Pour le directeur général de Côte d’Ivoire Énergies (CI-ENERGIES), Noumory Sidibé, la centrale solaire de Boundiali est un projet à visage humain qui s’insère parfaitement dans son environnement. Elle présente un intérêt socio-économique certain et indéniable, car elle permettra la facilitation de l’électrification des villages, l’alimentation de 430.000 ménages et l’économie de 27.000 tonnes de CO2 par an.
La directrice générale adjointe des Partenariats internationaux à la Commission européenne, Miryam Ferram, a pour sa part souligné que la centrale solaire de Boundiali, d’une capacité de 37,5 Méga Watt crête (MWc), a été réalisée dans les meilleurs standards internationaux grâce à la synergie entre l’expertise européenne et ivoirienne.
« Nous (l’UE) sommes déjà en train de travailler avec CI Energies pour préparer la mise en œuvre de plusieurs projets qui vont bientôt bénéficier d’importants financements de l’Equipe Europe. Je peux citer comme exemples la centrale solaire de Serebou, la « Dorsale Est » ou encore l’interconnexion Côte d’Ivoire Ghana et le projet d’envergure WASUNA », a par ailleurs annoncé Mme Ferram.
Ce projet participe à l’atteinte des objectifs de l’Etat de Côte d’Ivoire, notamment l’accroissement de la part des énergies renouvenables dans le mix énergétique (45% à l’horizon 2030, y compris la grande hydroélectricité) et le respect de ses engagements internationaux en matière de réduction des émissions des gaz à effet de serre (31,4%).
D’un coût global de 75,6 millions d’Euros, ce projet facilitera l’électrification des villages et favorisera l’amélioration de la qualité de service de plus de 430 000 ménages. L’infrastructure contribuera également à l’alimentation d’environ 70 000 foyers, à économiser 60 000 tonnes équivalent de CO2 par an, à la création de 300 emplois directs et indirects pendant la construction, ainsi que de 40 emplois directs et indirects pendant l’exploitation.
(AIP)
tg/cmas

#Encadré 3
#Le développement du solaire en Côte d’Ivoire en pleine expansion
La première centrale solaire photovoltaïque de Côte d’Ivoire mise en service le 3 avril 2024 dans la région de la Bagoué, promet d’apporter un changement significatif dans les conditions de vie des ménages, selon la député-maire de Boundiali, Mariatou Koné. Installé sur une superficie totale de 78 ha (Phase 1 : 36 ha et Phase 2 : 42 ha), le projet de construction d’une centrale solaire à Boundiali a été initié dans le cadre de la diversification des sources de production d’électricité du pays.
Ce projet permet d’améliorer la qualité de l’électricité pour environ 430 000 ménages, et à terme, il est prévu de créer 500 emplois.
Six pompes à motricité solaire ont été installées dans la région entre 2016 et 2020, dans le cadre du programme national de cohésion sociale et du fonds national de solidarité.
Pour l’autorité locale, cette infrastructure énergétique majeure va accroître l’accès à l’électricité de ses administrés. « Cette centrale solaire représente un levier essentiel pour stimuler le développement de la région », a noté Mme Koné.
Par ailleurs, en sa qualité de ministre de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, Mariatou Koné a qualifié cet événement d’historique, le considérant comme une étape majeure dans la modernisation de « nos vies professionnelles et domestiques, offrant davantage de confort et de commodité ».
Elle a exprimé sa reconnaissance envers le Président Alassane Ouattara, considéré comme le principal artisan de ce progrès, au nom des populations bénéficiaires.
#Encadré 4
#Bientôt une centrale solaire photovoltaïque de 25 mégawatts à Soubré
Une centrale solaire photovoltaïque de 25 mégawatts-crête (MWc) est en cours d’installation à Soubré, dans le cadre des efforts de diversification du mix énergétique de la Côte d’Ivoire. Porté par Côte d’Ivoire Energies, le projet remplacera une centrale solaire flottante initialement prévue à Kossou et bénéficiera d’un financement complémentaire de l’Agence française de développement (AFD). La centrale sera installée sur une surface de 35 hectares à proximité du barrage hydroélectrique de Soubré.
Les infrastructures comprendront des panneaux photovoltaïques bifaciaux et des onduleurs string de marque Huawei, choisis pour réduire les coûts de maintenance et améliorer la gestion des pièces de rechange, a précisé vendredi 29 novembre 2024, Kadio Arsène, socio-anthropologue, lors d’une réunion à la préfecture de Soubré.

Le projet prévoit des zones de panneaux solaires, des raccordements au réseau national et des mesures de reboisement autour de la centrale. L’emploi local sera privilégié, avec une évaluation périodique pour assurer la durabilité du site.
Auparavant, une étude d’impact environnemental et social (EIES) a été menée afin de minimiser les perturbations pour les populations locales et les activités agricoles et de pêche. Des actions seront mises en œuvre pour respecter les droits fonciers, préserver les cultures et limiter les impacts environnementaux.
Cette initiative, selon les responsables de CI-ENERGIES, marque une nouvelle étape dans la transition énergétique de la Côte d’Ivoire, visant à renforcer sa position régionale dans le domaine des énergies renouvelables.
#Encadré 5
#Une nouvelle centrale solaire de 50 MWc à Kong
D’un coût total de plus de 37 milliards de FCFA, une centrale solaire photovoltaïque de 50 MWc à Kong, dans la région du Tchologo, verra bientôt le jour. Pour concrétiser ce projet, ministre des Mines, du Pétrole de l’Energie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly et son collègue des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, ont procédé le 2 juillet 2024, à la signature d’une convention avec Kong solaire pour son financement. La centrale solaire photovoltaïque de Kong est entièrement financée par la société Kong solaire dans le cadre d’un partenariat public-privé avec l’État sur une parcelle de 80 hectares. Sa mise en service est prévue pour le 3e trimestre 2026.
Le projet initié par la société Kong solaire et ses actionnaires Africa Via et Infraco Africa, qui créera 70 emplois pendant la phase de construction et 230 emplois directs et indirects en phase d’exploitation, est un contrat de type BOOT (Build, Own, Operate, Transfer), c’est-à-dire, concevoir, financer, construire, la détenir en pleine propriété et l’exploiter, puis transférer à l’État après une durée de 25 ans, à compter de la date effective de mise en service industriel. La société a été invité à tenir le délai de réalisation de la centrale, pour sa mise en exploitation conformément au calendrier convenu.
Le ministre des Finances et du Budget a promis que tous les matériaux et matériels importés pour investir dans ce secteur font l’objet de défiscalisation. « Ils sont exonérés de taxes et de droits d’entrée. C’est-à-dire que l’Etat renonce à des recettes pour promouvoir un secteur qu’il considère comme important », a souligné Adama Coulibaly.
Le directeur général de Africa Via et président de Kong solaire, Minkaïla Salami, a affiché la volonté de son entreprise et de ses actionnaires de participer au renforcement du mix énergétique de la Côte d’Ivoire, de développer les régions du pays qui ont un besoin en énergie afin de dynamiser le secteur socio-économique de la Côte d’Ivoire.
Ce projet de mix énergétique intervient après la signature de convention le 24 janvier du projet Ferké Solar et l’inauguration officielle le 03 avril, de la première centrale solaire de la Côte d’Ivoire à Boundiali. Quinze projets solaires, totalisant environ 650 MW, sont en cours d’étude ou de développement, pour des mises en service s’étalant de 2025 à 2027.
Le plan directeur production du secteur de l’électricité à l’horizon 2040 projette de pratiquement tripler la capacité de production d’électricité, en la faisant passer de 2 907 MW actuellement à 8 600 MW. Il met l’accent sur une intégration croissante et équilibrée des énergies renouvelables dans le mix énergétique, afin de réduire le recours aux ressources fossiles, maîtriser les coûts de production, et respecter les engagements climatiques internationaux.
(AIP)
tg/cmas

