Abidjan, 21 oct 2025 (AIP) – Le candidat indépendant à l’élection présidentielle du 25 octobre, Ahoua Don Mello, a appelé à une réforme en profondeur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et du système bancaire régional, estimant que les politiques actuelles freinent la croissance économique et limitent l’accès des petites et moyennes entreprises (PME) au financement.
Lors d’une conférence économique tenue vendredi 17 octobre 2025 à Abidjan, l’ancien ministre de l’Equipement et de l’Assainissement a critiqué le taux directeur appliqué par la BCEAO, qu’il a qualifié de « taux d’incompréhension ». Selon lui, ce taux ne reflète pas la réalité économique des pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
« On nous parle d’un taux technique, mais dans les faits, c’est un taux politique, déconnecté des besoins de nos PME et des impératifs de développement », a-t-il affirmé.
Le candidat indépendant a également dénoncé le manque de souveraineté monétaire de la sous-région, estimant que la BCEAO reste « sous influence extérieure ». « Le Parlement n’a jamais débattu de ce taux. Même le Parlement panafricain n’a pas été saisi. Ce silence institutionnel montre que la question monétaire échappe encore à notre contrôle », a-t-il ajouté.
Pour Ahoua Don Mello, les taux d’intérêt pratiqués par les banques commerciales, parfois supérieurs à 17 %, asphyxient les petites entreprises. Il a plaidé pour la création de mécanismes publics de garantie, de cartes bancaires accessibles et d’instruments de crédit mieux adaptés aux réalités locales.
L’ancien ministre a également remis en cause la dépendance économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest vis-à-vis de la France. « Toutes les fabrications ont un contrat privilégié avec la France. Cette dépendance limite notre capacité à construire une économie compétitive », a-t-il souligné.
Le candidat souhaite redéfinir le rôle de la BCEAO afin qu’elle devienne un moteur du développement économique. « Ce que nous voulons, c’est une banque centrale qui soutienne la création d’emplois et la production locale. Les réformes actuelles ne suffisent pas. Il faut reprendre le contrôle de notre avenir monétaire », a-t-il déclaré.
Ancien membre du Parti des peuples africains de Côte d’Ivoire (PPA-CI) et ex-directeur général du Bureau national d’études techniques et de développement (BNETD), Don Mello se présente comme candidat indépendant face au président sortant Alassane Ouattara, Simone Ehivet Gbagbo, Henriette Lagou et Jean-Louis Billon.
Candidat indépendant après son départ du Parti des peuples africains de Côte d’Ivoire (PPA-CI), Ahoua Don Mello fait campagne sur les thèmes de la souveraineté économique et de la réindustrialisation.
(AIP)
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