Abidjan, 12 nov 2025 (AIP) – Membre fondatrice de la Fédération Atlantique des agences de presse africaines (FAAPA) et conseiller en management des médias, Mme Barry Oumou a invité le mercredi 12 novembre 2025 à Libreville (Gabon), les agences de presse africaines à « conjuguer liberté et responsabilité » dans un contexte marqué par la montée des délits de presse et la prolifération de la désinformation.
L’ancienne directrice centrale de l’Agence Ivoirienne de Presse (AIP) a lancé cet appel à l’occasion d’un panel organisé par la FAAPA sur le thème “Les agences de presse face à la montée des délits de presse et à la responsabilité des journalistes”, tenu en marge de la réunion du Conseil exécutif de la Fédération.
Insistant sur la tension entre liberté d’informer et responsabilité d’informer, l’oratrice a estimé que les agences de presse constituent « les phares qui guident les autres médias vers la vérité, la fiabilité et la rigueur » dans un environnement médiatique saturé par les contenus non vérifiés.
Elle a rappelé le rôle stratégique des agences comme « sources primaires de l’information et piliers de la crédibilité médiatique », citant notamment l’AIP, reconnue pour sa rigueur lors de la crise post-électorale de 2010-2012 et encore récemment saluée par l’Autorité nationale de la presse (ANP) pour la couverture de l’élection présidentielle d’octobre 2025.
Sur le plan juridique, Mme Barry a rappelé que la loi ivoirienne de 2017 a dépénalisé les délits de presse, mais impose une responsabilité accrue des journalistes, sous la surveillance d’organes de régulation. Elle a cependant noté « une zone grise », où certains délits de presse sont requalifiés dans le Code pénal, une réalité partagée par de nombreux pays africains.
L’intervenante a par ailleurs alerté sur la désinformation qui constitue une « menace majeure pour la crédibilité des médias africains », invitant les agences à renforcer leurs cellules de fact-checking et à se prémunir contre la contrefaçon numérique et les détournements de dépêches sur les réseaux sociaux.
Pour elle, la résilience des agences repose sur quatre leviers essentiels, à savoir l’indépendance éditoriale face aux pressions politiques et économiques; la formation continue des journalistes, notamment en vérification numérique et cyberéthique; la régulation et l’autorégulation éditoriales à travers des chartes et protocoles internes; l’innovation éditoriale avec de nouveaux formats numériques et collaborations responsables.
Mme Barry a enfin plaidé pour une plus grande participation des femmes journalistes, soulignant leur rôle dans la consolidation d’une pratique prudente et éthique du métier.
La FAAPA, dont le siège est à Rabat (Maroc), a été portée sur les fonts baptismaux le 14 octobre 2014 pour renforcer la coopération entre les agences de presse des pays de l’Afrique Atlantique. L’AIP, qui en assure la première vice-présidence, y est représentée par son directeur général, Fausséni Dembélé.
(AIP)
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