Bondoukou, 13 nov 2025 (AIP) – La stratégie de nutrition du Projet d’urgence agricole de Côte d’Ivoire (PUA-CI) a proposé des solutions pour réduire la malnutrition dans les régions du Gontougo et du Bounkani, mercredi 12 novembre 2025, à la préfecture de Bondoukou, lors d’une intervention de Pr Gbogouri Grodji Albarin, expert en nutrition et biochimie à l’Université Nangui Abrogoua,
Le projet, qui cible les zones du Nord-Est (Gontougo, Bounkani et Tchologo), du Nord-Ouest et de l’Ouest du pays, a réuni autorités administratives, leaders communautaires et acteurs du développement local.
Pr Gbogouri, a travers le PUA-CI, a mis l’accent sur l’amélioration de l’alimentation à partir des produits locaux issus de filières soutenues par le projet : riz, maïs, maraîchage, petits ruminants, pisciculture et poulet traditionnel amélioré.
« Il faut accompagner les populations à améliorer la situation de la nutrition, promouvoir une alimentation équilibrée et diversifiée, et renforcer les pratiques nutritionnelles au niveau des ménages », a précisé le professeur.
L’expert a rappelé que la malnutrition a atteint des niveaux assez inquiétants. Citant l’Enquête démographique et de Santé 2021, il a dit que 23 % des enfants présentent une malnutrition chronique et 8 à 15 % une malnutrition aiguë.
” Il y a également des carences en micronutriments, notamment l’anémie, qui affectent les enfants et les femmes enceintes, et des maladies liées à la surconsommation d’aliments transformés », a-t-il expliqué.
En ce qui concerne la malnutrition chronique qui est autour de 23%. la conséquence est que les facultés intellectuelles des enfants ne se développent pas assez, leurs facultés physiques ne se développent pas assez, a indiqué le Professeur.
A ce titre, également, l’ONG PROSODEC International, chargée de la mise en œuvre des activités de sensibilisation, a présenté le volet opérationnel du projet à travers l’intervention de Kouamé Tanoh Antoine, spécialiste en communication.
Selon lui, « les préfets, chefs communautaires, animateurs, radios et associations de femmes auront un rôle central pour transmettre les messages nutritionnels et mobiliser les populations. Les animateurs communautaires sont des ambassadeurs de la nutrition et iront dans les villages pour sensibiliser, organiser des démonstrations culinaires et renforcer les capacités des ménages ».
Il a ajouté que les radios locales doivent diffuser des émissions et faire des immersions dans les communautés pour s’assurer que les messages nutritionnels atteignent tous les foyers. Les chefs traditionnels et religieux, en raison de leur influence, seront mobilisés pour encourager l’adoption des bonnes pratiques alimentaires.

Cette première phase opérationnelle, qui se déroule du 10 au 15 novembre, permettra de former des animateurs et des chefs d’équipe chargés de diffuser les connaissances nutritionnelles dans les villages et sous-préfectures. Elle s’inscrit dans la stratégie globale du PUA-CI, cofinancée par le gouvernement ivoirien et le FIDA, visant à renforcer la résilience des communautés rurales et à garantir le droit fondamental à une alimentation saine.
(AIP)
nmfa/fmo

