Man, 09 mars 2026 (AIP)-Les autorités administratives et des responsables en charge de la promotion de la femme ont appelé à briser le silence sur les violences faites aux femmes, dimanche 8 mars 2026 dans les jardins de la préfecture de Man, lors de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes.
Intervenant au nom du ministère en charge de la Femme dans le Tonkpi, le directeur régional, Amidou Ouattara, a évoqué des pratiques qui portent atteinte aux droits des femmes et des filles dans la région, notamment les Mutilations génitales féminines (MGF), les Violences basées sur le genre (VBG) et les cas de féminicides.
« Ici dans le Tonkpi, elles se heurtent à des réalités tragiques que nous devons avoir le courage de nommer. Comment parler de justice quand dans nos communautés, nos fillettes sont encore victimes de mutilations génitales féminines ? (…) », a déclaré M. Ouattara.
Il a indiqué que deux cas de féminicides ont été enregistrés dans la région au cours de l’année 2025 et que les auteurs ont été mis à la disposition de la justice. Selon lui, ces situations appellent une mobilisation des communautés et des institutions afin de mettre fin aux violences faites aux femmes.

Le responsable a insisté sur la nécessité de dénoncer ces pratiques et de recourir aux mécanismes de signalement mis en place, notamment les numéros verts 1308 pour les violences basées sur le genre et 1016 pour la protection des enfants.
« Nos portes sont ouvertes, celles des services sociaux, de la gendarmerie, de la police et de la justice sont ouvertes », a-t-il affirmé, invitant les victimes et les témoins à signaler les cas de violences.
Il a également relevé que la lutte contre ces violences passe par l’autonomisation économique des femmes et l’éducation des filles, indiquant qu’une femme dépendante économiquement reste exposée à plusieurs formes de vulnérabilité tandis que l’accès à l’éducation et aux activités génératrices de revenus renforce la capacité des femmes à agir dans leur environnement.
La présidente des associations de femmes de Man, Noëlle Dosso, porte-parole des femmes, a salué les avancées enregistrées dans la ville en matière de scolarisation des jeunes filles, d’organisation des regroupements féminins et de participation des femmes aux activités économiques.
Présidant la cérémonie, le préfet du département de Danané, Ahoutou N’guessan Vincent, préfet de région par intérim, a appelé les acteurs sociaux à promouvoir la protection de la femme. « Hommes du Tonkpi, pères de familles, chefs de communautés, leaders religieux, guides traditionnels, nous avons tous la responsabilité de promouvoir le respect, la protection et la valorisation de la femme », a-t-il déclaré.
La cérémonie a enregistré la participation de plusieurs associations de femmes et d’autorités administratives. Elle a été marquée par un défilé d’associations féminines, une parade de groupes culturels en tenues traditionnelles et des communications consacrées aux droits de la femme.
La marraine de la cérémonie, Edwige Diéty, a remis du numéraire et des complets de pagnes à des femmes.
En Côte d’Ivoire, la célébration de la Journée internationale des droits des femmes s’inscrit dans la volonté de mobiliser les acteurs autour de la promotion des droits des femmes. L’édition 2026 est placée sous le thème : « Justice pour toutes : agir pour les femmes et les filles de Côte d’Ivoire ».
(AIP)
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