Abidjan, 9 mars 2026 (AIP) – L’organisation non gouvernementale britannique Youth Charter a plaidé pour un renforcement des actions de prévention des violences faites aux femmes et aux filles à travers des programmes sportifs et éducatifs, estimant que la répression ne saurait, à elle seule, endiguer ce phénomène.
Dans une déclaration publiée à l’occasion de la Journée internationale des femmes 2026, l’organisation appelle à un partenariat renforcé entre le Commonwealth et les pays africains afin de promouvoir l’autonomisation des femmes et des filles par le sport, les arts martiaux et les programmes de leadership communautaire.
Selon la Youth Charter, les politiques publiques mises en place dans de nombreux pays pour lutter contre les violences sexistes reposent principalement sur le renforcement des dispositifs juridiques et policiers. Si ces mesures sont nécessaires pour sanctionner les auteurs d’abus, l’organisation estime toutefois que des stratégies de prévention communautaire doivent également être développées pour agir en amont.
Dans plusieurs États du Commonwealth et membres de l’Union africaine, les violences basées sur le genre demeurent en effet un problème social majeur, affectant la sécurité, le bien-être et les perspectives d’avenir des femmes et des filles.
Pour répondre à cette situation, l’ONG propose la mise en place d’un programme visant à offrir un million d’heures de formation gratuite aux sports de combat, à l’autodéfense, au leadership et à la confiance en soi à destination des jeunes femmes et des filles en Afrique et dans l’espace du Commonwealth.
Ce programme serait déployé à travers les réseaux sportifs communautaires et les initiatives de développement de la jeunesse, en s’appuyant notamment sur le modèle des « campus communautaires » de l’organisation, qui combinent sport, culture, éducation et formation aux compétences numériques.
Depuis plus de trente ans, la Youth Charter promeut le sport comme outil de développement social et de consolidation de la paix, considérant qu’il peut contribuer à renforcer la confiance en soi, la résilience et les capacités de leadership chez les jeunes femmes.
L’organisation souligne que la pratique sportive, notamment dans les disciplines d’arts martiaux et d’autodéfense, favorise le développement de compétences essentielles telles que la confiance en soi, la gestion des émotions, la conscience de ses limites personnelles et l’esprit d’équipe.
L’initiative est notamment portée par Janice Argyle Thompson, cofondatrice et directrice générale de la Youth Charter, également ancienne championne du monde de karaté. Forte de plusieurs décennies d’engagement en faveur du développement de la jeunesse, elle défend le sport comme un puissant levier d’émancipation pour les femmes et les filles.
« Les sports de combat n’enseignent pas la violence. Ils enseignent la conscience, la discipline et la confiance en soi », a-t-elle déclaré, estimant que ces qualités permettent aux femmes de mieux s’affirmer dans leur communauté et dans leur vie professionnelle.
Selon l’organisation, cette initiative s’inscrit dans les objectifs internationaux de promotion de l’égalité des sexes, notamment l’Objectif de développement durable n°5 – Égalité des sexes des Nations Unies, ainsi que dans les priorités de l’Agenda 2063 de l’Union africaine consacrées au développement de la jeunesse.
La Youth Charter appelle ainsi les gouvernements, les institutions sportives et les partenaires du développement à investir davantage dans des stratégies de prévention communautaire visant à autonomiser les femmes et les filles.
Selon l’organisation, la lutte contre les violences basées sur le genre nécessite une approche globale combinant des cadres juridiques solides et des initiatives locales capables de renforcer la confiance, les opportunités économiques et la cohésion sociale au sein des communautés.
(AIP)
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