Abidjan, 4 avr 2026 (AIP) — À l’occasion de la fête de Pâques, les maquis d’Abidjan vibrent au rythme d’une affluence exceptionnelle. Entre valorisation des cultures locales, animations festives et défis organisationnels, ces espaces populaires deviennent le temps d’un week-end de véritables carrefours de convivialité et d’activités économiques.
AwloDan, une immersion dans la culture baoulé
Au quartier Koweït de Yopougon, le maquis AwloDan se distingue par son concept axé sur la promotion de la culture baoulé. Dirigé par Kouamé Simon, originaire de Sakassou, l’établissement propose une expérience qui rappelle l’ambiance des villages traditionnels.
Dans une vaste cour où se retrouvent familles et habitués, la convivialité est au cœur du dispositif. « Ici, c’est un cadre où il fait bon vivre. Avec le temps, c’est devenu une véritable coutume », confie le promoteur, dont le maquis existe depuis une dizaine d’années et célèbre sa deuxième édition spéciale de Pâques.
Pour marquer l’événement, une programmation mêlant danses traditionnelles et prestations d’artistes modernes, notamment Bella Nika et Ladjosse de Sotheca, est proposée. L’objectif affiché est de recréer une atmosphère authentique. « Nous voulons que chacun se sente comme au village », insiste-t-il.
Une gastronomie locale pour renforcer l’authenticité
Au-delà de l’animation, la cuisine occupe une place centrale dans l’expérience proposée. Le maquis met en avant des mets locaux très prisés, tels que la viande de brousse et divers plats traditionnels.
Les boissons issues des brasseries dominent l’offre, mais des spécialités comme le vin de palme sont également proposées pour renforcer le caractère typique des lieux.
Les festivités s’étalent sur tout le week-end pascal, avec une montée progressive en intensité. « On commence dès le vendredi soir, le samedi confirme l’ambiance, mais le dimanche reste le point culminant », explique Kouamé Simon.
O’Baoulé : une organisation rodée face à l’affluence
Au quartier Maroc de Yopougon, le maquis O’Baoulé fait face à une forte mobilisation en cette période de Pâques. Pour gérer l’afflux de clients, plus de 30 agents, composés de managers, DJ et personnels de service, sont déployés.
« Chacun a son rôle, ce qui permet de maintenir une bonne dynamique », souligne le gestionnaire, Koffi Basile.
Contrairement à certains établissements, aucune programmation artistique officielle n’est annoncée. Toutefois, la venue spontanée d’artistes reste probable, contribuant à l’animation du lieu.
Une activité économique en pleine effervescence
Derrière l’ambiance festive, l’enjeu économique est bien réel. Les responsables renforcent considérablement leurs stocks, notamment en boissons, pour faire face à une demande en forte hausse.
Les ventes peuvent dépasser les prévisions habituelles, avec plus de 70 casiers écoulés en une journée. Les recettes enregistrées durant le week-end oscillent entre plusieurs millions de francs CFA, avec des pics estimés entre 7 et 8 millions pour certaines journées, et environ 4 millions pour le lundi de Pâques.
Malgré des charges importantes, les gérants évoquent une rentabilité globalement satisfaisante. « Sur certaines journées comme le samedi, on peut réaliser entre trois et quatre millions de francs CFA », confie un responsable.

Cuisine et clientèle : des restauratrices à pied d’œuvre
Dans les cuisines du maquis O’Baoulé, l’activité est déjà intense. Kouassi Véronique, restauratrice, note une hausse significative de la fréquentation.
« Nous vendons du placali, du foutou avec du riz, et la clientèle répond bien. En période de Pâques, ça marche vraiment », affirme-t-elle.
Pour le dimanche pascal, un menu varié est prévu, comprenant du bœuf, du poisson braisé, des tripes et des plats à base de banane. Des mets très appréciés qui participent à l’attractivité du maquis.
Gestion de l’espace : un défi face à la forte demande
Au maquis N’Zassa, situé à Yopougon Niangon à gauche, les préparatifs suivent le même rythme soutenu. Les festivités débutent dès le vendredi avec une montée progressive jusqu’au dimanche.
« Le dimanche, c’est la grande finale à partir de 16 heures », précise le gestionnaire, Krist Koffi.
Face à l’affluence, l’organisation de l’espace devient un enjeu majeur. Les réservations commencent très tôt dans la journée.
« Dès 8 heures, certains clients viennent réserver. À midi, presque toutes les places sont occupées », explique t-il.
Pâques, un temps fort pour les maquis d’Abidjan
Dans l’ensemble, la fête de Pâques s’impose comme une période stratégique pour les maquis de la capitale économique ivoirienne. Entre mise en valeur des traditions, animation continue et recherche de rentabilité, ces établissements jouent pleinement leur rôle dans l’animation urbaine.
Le temps d’un week-end, ils deviennent des espaces où se mêlent culture, gastronomie et convivialité, attirant une clientèle toujours plus nombreuse en quête de détente et de partage.
(AIP)
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