Abidjan, 15 avr 2026 (AIP) – Le numérique s’impose comme un levier stratégique pour renforcer la sécurité alimentaire et structurer les chaînes de valeur agricoles en Côte d’Ivoire, selon le secrétaire exécutif du Comité national de la Zone de libre-échange continentale africaine (CN-ZLECAf), Fatoumata Fofana, à l’ouverture d’un atelier national consacré aux innovations digitales, mercredi 15 avril 2026 à Abidjan-Plateau.
Devant les acteurs réunis pour l’occasion, Mme Fofana a salué une mobilisation qu’elle considère comme révélatrice de l’intérêt croissant pour la transformation digitale du secteur agricole, dans un contexte marqué par des défis persistants. « La sécurité alimentaire demeure un enjeu stratégique pour notre continent », a-t-elle déclaré, soulignant la dépendance encore forte de l’Afrique aux importations alimentaires, malgré son important potentiel agricole.
La Côte d’Ivoire, souvent présentée comme une locomotive agricole en Afrique de l’Ouest, n’échappe pas à ces contraintes. Le pays fait face à des difficultés structurelles, notamment les pertes post-récolte, l’accès limité aux marchés, la faible transformation locale et des chaînes de valeur encore peu structurées.
Dans ce contexte, le numérique apparaît comme une réponse incontournable. « Le digital n’est plus une option, mais une nécessité stratégique », a insisté Mme Fofana, évoquant les opportunités qu’offre la digitalisation pour améliorer la productivité et la compétitivité du secteur.
Une étude diagnostique et stratégique sur l’innovation technologique agricole, menée en collaboration avec la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), sert de base aux travaux de cet atelier. Les participants sont appelés à examiner ses conclusions, affiner les orientations proposées et formuler des solutions adaptées aux réalités des acteurs agricoles.
L’objectif est de favoriser l’appropriation des outils numériques par les producteurs, les transformateurs et les commerçants, tout en mettant un accent particulier sur l’inclusion des femmes et des jeunes, considérés comme des moteurs de l’innovation.

Intervenant également, la conseillère technique du ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Carine Diallo, a mis en avant les apports concrets de la digitalisation dans l’encadrement des producteurs, l’accès au financement et la réduction des pertes post-récolte.
« Les innovations digitales sont un véritable pilier pour rendre l’agriculture plus productive et mieux structurée », a-t-elle indiqué, citant notamment l’usage de technologies comme l’Internet des objets permettant de collecter des données sur la météo, la qualité des sols ou encore l’environnement de production.
Elle a également souligné que cette dynamique s’inscrit dans la feuille de route du gouvernement, qui fait du numérique un moteur de croissance économique. Le secteur agricole représente environ 20 % du produit intérieur brut (PIB) et emploie près de 48 % de la population ivoirienne.
Ouvert le 15 avril, l’atelier national sur les innovations digitales dans le renforcement de la sécurité alimentaire et des chaînes de valeur agricoles se tient jusqu’au 17 avril à Abidjan. Il vise à présenter le projet de rapport de l’étude diagnostique, à amorcer les premiers échanges commerciaux sous l’égide de la ZLECAf, ainsi qu’à jeter les bases de la stratégie nationale 2026-2030, incluant la dématérialisation du certificat d’origine.
(AIP)
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