Abidjan, 23 avr 2026 (AIP) – La Côte d’Ivoire s’affirme comme un pays leader dans la lutte contre le cancer du col de l’utérus, en se dotant d’un plan national budgétisé visant son élimination à l’horizon 2030, a annoncé le ministre de la Santé, Pierre Dimba, lors de la cérémonie de lancement de la mobilisation des ressources couplée à la clôture du projet SUCCESS 2, à Abidjan.
Selon le ministre, la Côte d’Ivoire est « l’un des premiers pays d’Afrique, et le premier pays d’Afrique francophone » à disposer d’une telle planification budgétisée, traduisant l’engagement des autorités à éradiquer cette maladie évitable mais encore meurtrière.
Le plan national d’élimination du cancer du col de l’utérus 2025-2030 repose sur trois piliers essentiels, à savoir la vaccination des jeunes filles contre le virus du papillome humain (HPV), le dépistage systématique des femmes et la prise en charge des lésions précancéreuses ainsi que des cancers déclarés.
« Si ces interventions sont mises en œuvre à grande échelle, elles peuvent transformer radicalement la situation sanitaire », a affirmé le ministre, mercredi 22 avril 2026.
D’un coût global estimé à 28 milliards de francs CFA, ce plan nécessite une mobilisation accrue des ressources publiques, des partenaires techniques et financiers ainsi que du secteur privé. Le ministre a appelé à un alignement des interventions autour de cette « boussole nationale », afin d’en maximiser l’impact et la durabilité.
Revenant sur les acquis du projet SUCCESS, financé par UNITAID à travers Expertise France, M. Dimba a salué « des bases solides » posées en matière de dépistage, notamment grâce à l’introduction de tests innovants comme le test HPV et l’utilisation de la thermoablation pour le traitement des lésions précancéreuses.
Le directeur coordonnateur du Programme national de lutte contre le cancer (PNLCa), Adoubi Innocent, a souligné que les quatre années d’essais pilotes ont permis de démontrer la faisabilité et l’efficacité des stratégies retenues.
« Nous avons validé l’utilisation des tests HPV, qui sont fiables, ainsi que l’efficacité de la thermoablation, un dispositif capable de traiter à 100 % les lésions précancéreuses », a-t-il indiqué.
Professeur Adoubi a précisé que l’ambition nationale à l’horizon 2030 est d’atteindre 90% de jeunes filles vaccinées, 55% de femmes dépistées et 90% de prise en charge des lésions précancéreuses. Pour les cas de cancers avérés, il s’agira d’assurer un traitement curatif approprié, incluant chirurgie et radiothérapie.
Il a toutefois relevé des défis majeurs, notamment la faible fréquentation des sites de dépistage, estimée à moins de 50% des femmes concernées. « Si nous parvenons à inverser cette tendance grâce à une communication renforcée, nous pourrons réduire la mortalité liée à ce cancer de plus de 50% », a-t-il assuré, appelant les médias et les organisations communautaires à intensifier la sensibilisation.
Le directeur coordonnateur du PNLCa a également insisté sur la nécessité de mobiliser les 28 milliards FCFA requis sur cinq ans, afin de garantir la disponibilité des intrants, d’équiper les structures sanitaires et de renforcer les capacités des équipes médicales.
(AIP)
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