Bongouanou, 25 avr 2026 (AIP) – L’ONG Initiative ivoirienne pour l’évaluation (2IEval) a lancé une offensive en faveur de l’excellence scientifique et de la parité dans la région du Moronou, à l’occasion d’une journée de promotion des Sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STIM), organisée jeudi 23 avril 2026 au foyer polyvalent de Bongouanou.
Placée sous le parrainage de l’inspecteur général d’État, Ahoua N’Doli Théophile, la cérémonie a récompensé 37 lauréats, dont des élèves d’excellence, les meilleures filles en mathématiques ainsi que des enseignants méritants issus des départements de Bongouanou, Arrah et M’Batto.
Cette initiative vise à réduire les disparités scolaires dans la région et à promouvoir l’ouverture de classes scientifiques de série C dans l’ensemble des départements.
Le diagnostic présenté par 2IEval met en évidence un contraste dans la région. Si le taux brut de scolarisation des filles au premier cycle atteint 99,32% dans le département de Bongouanou, leur taux de réussite au BEPC 2025 est de 30,55%, soit un écart d’environ 20 points en deçà de la moyenne nationale.
Cette situation, qualifiée de « paradoxe de Bongouanou », traduit un écart important entre l’accès à l’école et la performance scolaire, et met en lumière la nécessité d’un encadrement spécifique des jeunes filles dans les filières scientifiques.
L’organisation a également relevé des insuffisances en infrastructures éducatives, notamment l’absence de classes de série C dans le département de M’Batto. Elle a ainsi formulé une recommandation auprès du ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation pour la création de classes scientifiques dans chaque département.
Par ailleurs, neuf enseignants ont été distingués dans le cadre du modèle « 3-3-3 », récompensant les meilleurs enseignants en mathématiques, physique-chimie et sciences de la vie et de la terre dans chacun des trois départements. Cette initiative vise à valoriser et motiver les enseignants exerçant dans les zones rurales.
La journée a été marquée par une session de mentorat rapide (speed mentoring) entre les lauréates et des femmes scientifiques, ainsi que par la signature d’une charte d’engagement parental en faveur des filières STIM, impliquant les familles dans l’accompagnement des jeunes filles.
S’inscrivant dans les Objectifs de développement durable, notamment les ODD 4 et 5 relatifs à l’éducation de qualité et à l’égalité des sexes, cette initiative vient en appui aux efforts de l’État, qui a récemment procédé au recrutement de plus de 2 000 enseignants de sciences.
(AIP)
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