Abidjan, 28 avr 2026 (AIP)– Les échanges alimentaires au sein de l’espace de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sont estimés à près de 10 milliards de dollars, dont environ 85% relèvent du secteur informel, ont révélé les participants à la réunion conjointe de haut niveau entre l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la CEDEAO, ouverte mardi 28 avril 2026 à Abidjan.
Placée sous le thème « Bâtir le marché commun de la CEDEAO : renforcer le commerce intra-régional de produits alimentaires en Afrique de l’Ouest », cette rencontre met en lumière à la fois le dynamisme du commerce régional et la nécessité de lever les contraintes structurelles qui freinent son plein essor.
Ouvrant les travaux au nom du gouvernement ivoirien, le ministre Jean Louis Moulot, représentant son collègue en charge de l’Intégration africaine, a rappelé les avancées enregistrées par la CEDEAO en matière d’intégration, notamment à travers le protocole sur la libre circulation des personnes, le schéma de libéralisation des échanges et le tarif extérieur commun.
Il a insisté sur la nécessité de renforcer la cohérence entre politiques commerciales, investissements, sécurité alimentaire, protection des consommateurs, environnement et mobilité. « Le commerce intra-régional, en particulier alimentaire, demeure l’expression la plus tangible de l’intégration pour nos populations », a-t-il déclaré.
La Côte d’Ivoire, engagée dans la modernisation de ses corridors et la digitalisation des procédures douanières, entend faire du commerce régional un levier de résilience économique et de création d’emplois, a-t-il ajouté.

Intervenant au nom du président de la Commission de la CEDEAO, le commissaire aux affaires économiques et à l’agriculture, Kalilou Sylla, a souligné que le marché régional constitue « une assurance » face aux incertitudes mondiales, tout en offrant des opportunités aux femmes et aux jeunes.
Il a toutefois relevé le paradoxe d’une production céréalière record estimée à 80 millions de tonnes, contrastant avec des crises alimentaires récurrentes dans la région. Une situation qu’il a jugée « inacceptable » au regard des potentialités existantes, appelant à une action coordonnée entre États, institutions régionales et partenaires.
La directrice du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest (SWAC) de l’OCDE, Nana Touré, a, pour sa part, rappelé que le partenariat entre son institution et l’Afrique de l’Ouest remonte à plusieurs décennies. Elle a estimé que le marché commun de la CEDEAO est déjà une réalité, appelant à accélérer les réformes, améliorer la disponibilité des données et intensifier les investissements.
La cheffe de coopération adjointe de l’ambassade d’Allemagne en Côte d’Ivoire, Danja Bergman, a identifié plusieurs obstacles persistants, notamment les barrières non tarifaires, les déficits d’infrastructures, l’accès limité au financement et l’insuffisance de données fiables et harmonisées.
Elle a salué les initiatives menées dans le cadre du programme EAT de l’OCDE/SWAC, visant à renforcer la production de données et à orienter les politiques publiques.
En marge de cette rencontre, plusieurs sessions techniques et ministérielles se tiennent à Abidjan autour de thématiques telles que l’investissement régional, l’environnement, la gestion des frontières et la protection des consommateurs. Ces travaux devraient déboucher sur un plan d’action opérationnel en vue de consolider le marché commun, pilier de la Vision 2050 de la CEDEAO.
(AIP)
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