Gagnoa, 03 mai 2026 (AIP) – La 20ᵉ édition de la Journée mondiale de la sage-femme et la 10ᵉ Journée scientifique des sages-femmes et maïeuticiens, ouvertes dimanche 3 mai 2026 à Gagnoa, qui ont réuni un millier de professionnels venus de toute la Côte d’Ivoire, ont été marquées par l’annonce de mesures d’intéressement en faveur du personnel affecté dans les zones précaires.
L’information a été donnée par le directeur des ressources humaines du ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle (MSHPCMU), Yao Kouadio Abissa, lors d’une conférence sur la programmation des effectifs, les procédures d’affectation et de mutation, ainsi que la digitalisation de la gestion des ressources humaines en santé.
Selon lui, à partir des affectations de 2026, les sages-femmes et agents de santé exerçant dans les zones difficiles bénéficieront d’un dispositif d’intéressement financier visant à favoriser leur maintien sur le terrain.
« Le ministre a demandé que cette année, nous puissions engager un processus de fidélisation à travers des mesures d’intéressement », a indiqué M. Yao Abissa, expliquant que cette initiative répond aux difficultés rencontrées dans certaines zones dépourvues d’infrastructures de base.
Il a souligné les écarts de conditions de travail entre les zones urbaines et rurales, évoquant notamment l’accès limité à l’eau potable, à l’électricité, aux routes praticables, au logement et à la connectivité internet dans certaines localités.
Pour le responsable du ministère, cette politique vise à corriger ces disparités et à encourager une meilleure répartition du personnel de santé sur l’ensemble du territoire. « Il s’agit de la fidélisation du personnel dans les zones dites déshéritées », a-t-il précisé.
Cette orientation a été favorablement accueillie par la présidente de l’Association des sages-femmes ivoiriennes (ASFI), Mme Diallo Awa épouse Yao. Elle a rappelé que le thème mondial de cette édition est : « Un million de sages-femmes de plus ».
Selon elle, la Côte d’Ivoire ne souffre pas nécessairement d’un déficit en sages-femmes, mais plutôt d’un problème de répartition équitable du personnel. Elle a indiqué que le pays dispose d’un effectif de plus de 1 700 sages-femmes, un niveau jugé globalement suffisant au regard des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui préconise une sage-femme pour 3 000 femmes en âge de procréer.
La première journée a également été marquée par des travaux en ateliers portant notamment sur les actes en gynécologie, la réduction de la mortalité maternelle et le renforcement des compétences techniques.
La 20ᵉ édition de la Journée mondiale de la sage-femme se poursuit jusqu’au mardi 5 mai.
(AIP)
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