Bouna, 03 mai 2026 (AIP)–La 7e édition du Djokhabinan, fête traditionnelle du mil chez le peuple Lobi, s’est tenue samedi 02 mai 2026 à Bouna, mobilisant des chefs traditionnels, autorités, cadres et élus de la région du Bounkani, dont le président du conseil régional, Dr Hien Philippe, autour d’un patrimoine culturel profondément enraciné dans les valeurs ancestrales.
Ce rendez-vous culturel a été marqué par une riche palette de prestations artistiques, mettant en lumière les danses du terroir Lobi. Parmi elles, le Bouri de Yolongo a particulièrement captivé le public, aux côtés d’autres expressions culturelles issues de communautés sœurs, notamment le Yaka-Yaka de Kamarasso.
Le Djokhabinan consacre la célébration du mil et symbolise le passage à une nouvelle année dans la tradition Lobi. L’événement a mobilisé une adhésion des communautés Lobi du Bounkani et d’autres régions du pays, ainsi que des délégations venues du Burkina Faso et du Ghana.
Représentant la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, le directeur régional, Comoé Kouah Honorat, a salué la pérennisation du Djokhabinan qu’il a présenté comme l’expression vivante d’une mémoire collective, d’un savoir-faire ancestral, d’une identité fièrement assumée et transmise de génération en génération.
« Je voudrais, au nom de la ministre, saluer les organisateurs ainsi que l’ensemble de la communauté mobilisée pour la réussite de cette importante manifestation culturelle, désormais inscrite parmi les rendez-vous majeurs de valorisation du patrimoine immatériel de notre pays » a-t-il indiqué.

Selon les anciens de la communauté Lobi, parmi toutes les cultures vivrières pratiquées (igname, maïs, sorgho, anacarde, riz ou haricot), le mil occupe une place singulière. Il constitue l’épine dorsale de la société Lobi, en raison de son rôle central dans l’organisation sociale, culturelle et économique.
Bien plus qu’une simple céréale, le mil est perçu comme une entité régulatrice de la tradition. Il structure les pratiques selon trois dimensions indissociables, au premier rang desquelles figure sa portée spirituelle. Transformé en boisson fermentée (Tchapalo), il est utilisé dans les rites d’adoration dédiés aux ancêtres et aux divinités.
Intervenant également dans les rites funéraires, le mil sert à invoquer les ancêtres et à accompagner les défunts dans l’au-delà. Ces pratiques s’inscrivent dans un univers symbolique où les statues, sculptées en bois ou fondues en laiton, incarnent les esprits intercesseurs, consolidant ainsi le lien entre le monde visible et l’invisible au sein de la société lobi.
(AIP)
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