Yamoussoukro, 05 mai 2026 (AIP) – Un atelier de renforcement des capacités des représentants des centrales syndicales et des points focaux locaux, consacré à la syndicalisation des travailleurs agricoles et aux outils de communication, s’est ouvert lundi 04 mai 2026 à Yamoussoukro, à l’initiative de l’Organisation internationale du Travail (OIT), dans le cadre du projet ACCEL Africa.
Cette rencontre s’inscrit dans les efforts de lutte contre le travail des enfants, notamment dans la filière cacao, secteur clé de l’économie ivoirienne qui contribue à environ 15 % du produit intérieur brut et fait vivre plus de cinq millions de personnes.
Selon les organisateurs, le travail des enfants dans la cacaoculture est principalement lié à la vulnérabilité socio-économique des ménages, à l’accès limité aux services sociaux de base et à certaines pratiques socioculturelles. Malgré les progrès enregistrés par la Côte d’Ivoire, avec une baisse du taux de travail des enfants de 31% en 2016 à 22% en 2021, des défis persistent.
Cet atelier s’inscrit dans la continuité de la première phase du projet ACCEL Africa, mise en œuvre entre 2019 et 2023 dans les régions de la Nawa et du Moronou. La deuxième phase adopte une approche systémique visant à s’attaquer aux causes structurelles du phénomène, notamment l’amélioration des conditions de vie des ménages, l’accès à la protection sociale, la promotion du travail décent et le renforcement des systèmes éducatifs.
Les premières communications ont mis en exergue le rôle de la syndicalisation des travailleurs agricoles comme levier de transformation sociale. Les intervenants ont souligné que les organisations syndicales, de par leur proximité avec les producteurs, constituent des acteurs essentiels de sensibilisation et de promotion des droits de l’enfant.
Les participants sont formés aux stratégies d’organisation des travailleurs agricoles, à la syndicalisation comme outil d’émancipation collective, ainsi qu’aux techniques de communication adaptées aux actions de terrain.
À l’ouverture des travaux, les responsables ont rappelé le rôle historique des syndicats dans la défense des droits des travailleurs, tout en relevant le faible taux d’adhésion dans le secteur agricole. Ils ont appelé à un engagement accru des organisations syndicales pour en faire des relais efficaces dans la lutte contre le travail des enfants.
Au nom des centrales syndicales, Kombo Marie-Jeanne a salué cette initiative, estimant que les travailleurs agricoles, particulièrement dans la filière cacao, ont besoin d’un meilleur encadrement pour la défense de leurs droits et l’amélioration de leurs conditions de vie.
Pour sa part, Paredes Moreno Kattia, spécialiste principale des activités des travailleurs (ACTRAV) à l’OIT, intervenant en ligne, a établi le lien entre syndicalisation, travail décent et élimination du travail des enfants. Elle a indiqué que « là où les travailleurs sont organisés, les conditions de vie s’améliorent et le recours au travail des enfants diminue ».
Elle a également salué les initiatives du Comité intersyndical de lutte contre le travail des enfants (CILTE) et du Comité intersyndical pour la transition vers l’économie formelle (CITEF), mis en place avec l’appui de l’OIT.
Le chargé d’études au secrétariat technique de la plateforme de partenariat public-privé du Conseil du Café-Cacao, Kamadié Adama a réaffirmé l’engagement de l’institution à soutenir les actions visant l’assainissement durable de la filière.
Au terme de l’atelier, les participants sont appelés à élaborer des feuilles de route et des plans d’action opérationnels en vue de renforcer la syndicalisation dans le secteur agricole et d’intensifier les campagnes de sensibilisation.
L’objectif est de contribuer durablement à l’élimination du travail des enfants en Côte d’Ivoire, à travers une meilleure organisation des travailleurs et la promotion des droits fondamentaux au travail.
(AIP)
gso/cmas

