Abidjan, 5 mai 2026 (AIP) – L’épidémie de mpox enregistrée en Côte d’Ivoire entre 2024 et 2025 a mis en lumière les insuffisances du dispositif de surveillance sanitaire, a indiqué mardi 05 mai 2026 à Abidjan le directeur général adjoint de la Santé, chargé de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Dr Koné Blaise.
Représentant le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Pierre Dimba, à l’ouverture du projet VAXPOX à l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire, Dr Koné a estimé que cette crise sanitaire a servi d’alerte pour le système de santé national.

« La Côte d’Ivoire a connu une épidémie significative au cours des années 2024-2025. Cette situation a mis en évidence la capacité de propagation du virus ainsi que les défis liés à la détection et à la prise en charge des cas », a-t-il déclaré.
Selon lui, cette expérience a permis d’identifier plusieurs priorités, notamment le renforcement de la surveillance épidémiologique, l’amélioration des capacités diagnostiques et une meilleure coordination entre acteurs sanitaires.
« L’épidémie de 2024-2025 doit constituer pour nous un signal fort qui doit nous inciter à agir avec anticipation et rigueur », a insisté Dr Koné Blaise.
Le représentant du ministre a réaffirmé l’engagement de l’État à soutenir la recherche scientifique. « La recherche constitue un levier essentiel pour améliorer les stratégies de réponse face aux maladies émergentes », a-t-il souligné.
Selon le directeur général de l’institut Pasteur de Côte d’Ivoire, Méité Syndou, le virus n’a jamais cessé de circuler dans le pays, avec des cas signalés dès les années 1970 dans la région d’Abengourou et d’autres épisodes documentés au fil des années.

« Des cas humains ont été isolés en 2022, avant l’épisode épidémique de 2024-2025, et d’autres continuent d’être enregistrés en 2026 », a-t-il indiqué, soulignant une transmission parfois silencieuse du virus.
Face à cette situation, le projet VAXPOX vise à renforcer les connaissances scientifiques sur la maladie et à améliorer les systèmes de surveillance et de riposte. Il est mis en œuvre dans le cadre d’un consortium coordonné par Institut Pasteur et impliquant plusieurs pays africains.
Le mpox, maladie virale d’origine animale transmissible à l’homme, a connu une propagation accrue ces dernières années, conduisant Organisation mondiale de la santé à le classer comme urgence de santé publique de portée internationale.
Pour Méité Syndou, cette initiative permettra de mieux comprendre les mécanismes de transmission du virus et d’orienter les décisions de santé publique. Il a également insisté sur la nécessité d’une mobilisation continue des chercheurs, des autorités sanitaires et des communautés.
Le projet, prévu sur deux ans, ambitionne d’apporter des données scientifiques pour anticiper les risques épidémiques et renforcer la préparation des pays concernés.
Les travaux, prévus du 5 au 7 mai à Abidjan, réunissent plusieurs institutions du réseau Pasteur Network autour de la lutte contre le mpox.
Le projet VAXPOX, lancé conjointement par l’Institut Pasteur de Côte d’Ivoire et Institut Pasteur de Paris, vise à produire des données scientifiques pour orienter les politiques vaccinales contre le mpox dans six pays d’Afrique subsaharienne.
(AIP)
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