Yamoussoukro, 06 mai 2026 (AIP) – Une session de formation dédiée à l’analyse et à la compréhension des chaînes de valeur agricoles se tient au profit des leaders paysans et techniciens du Réseau des organisations paysannes et de producteurs agricoles de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA), dans le cadre du projet VCA4D (Value Chain Analysis for Development), une initiative de l’Union européenne.
Ce programme vise à améliorer la sécurité alimentaire et à promouvoir un développement agricole durable à travers des analyses approfondies des chaînes de valeur intégrant les dimensions économique, sociale et environnementale, afin d’éclairer les politiques publiques et renforcer des systèmes agricoles inclusifs, notamment au bénéfice des petits producteurs.
Organisée en appui au ROPPA, cette formation s’inscrit également dans la dynamique des initiatives soutenues par l’Union européenne, telles que FO4IMPACT (2026-2030), destinées à renforcer les capacités économiques des organisations paysannes et leur participation aux filières agricoles stratégiques, notamment l’anacarde, la mangue et le sésame.
Selon le coordonnateur de l’équipe de formateurs VCA4D, Baudouin Michel, cette formation privilégie une approche pratique axée sur l’apprentissage par l’action. « Il ne s’agit pas d’une formation théorique. Nous mettons l’accent sur des exercices concrets d’analyse et d’évaluation pour permettre aux participants de s’approprier les outils et de les utiliser dans leur pratique professionnelle », a-t-il expliqué.
Il a ajouté que l’objectif est de doter les participants de compétences leur permettant de mieux argumenter, dialoguer avec les décideurs et mener un plaidoyer fondé sur des données fiables, condition essentielle pour influencer efficacement les politiques agricoles.
Représentant le président du Conseil d’administration du ROPPA, le professeur Zio Passi Eugène, par ailleurs président du Conseil d’administration de l’ANOPACI, a salué l’importance de cette initiative qui contribue au renforcement des capacités des acteurs du monde agricole.
Il a rappelé que le ROPPA, créé en 2000 à Cotonou, s’est imposé comme un acteur majeur du plaidoyer pour la reconnaissance des producteurs agricoles comme partenaires du développement, œuvrant à la promotion de l’agriculture familiale et à la co-construction des politiques agricoles.
Le public cible est composé de techniciens issus des plateformes nationales des pays membres, notamment de la CEDEAO et de l’AES, incluant des agroéconomistes, ingénieurs et planificateurs. Ces experts constituent, selon lui, une « matière grise » essentielle au service des organisations paysannes.
Pour le professeur Zio, cette formation répond à un enjeu fondamental, celui du renforcement des connaissances, considéré comme un levier clé du développement. Elle permettra aux participants de mieux appréhender les chaînes de valeur, d’améliorer la productivité et la compétitivité des filières agricoles, et d’accroître les revenus des producteurs.
Il a également souligné l’importance d’intégrer les enjeux liés au changement climatique dans les pratiques agricoles, à travers notamment le reboisement, l’agroforesterie et une gestion durable des ressources en eau.
À terme, cette initiative vise à faire émerger une nouvelle génération de producteurs agricoles capables de participer pleinement au développement socio-économique de leurs pays, tout en améliorant leurs conditions de vie.
Le ROPPA, qui représente plus de 30 millions de producteurs en Afrique de l’Ouest, joue un rôle central dans le dialogue entre les organisations paysannes et les partenaires techniques et financiers, contribuant ainsi à la mise en œuvre de politiques agricoles inclusives et durables dans la région.
(AIP)
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