Abidjan, 7 mai 2026 (AIP) – Les acteurs institutionnels et partenaires techniques réunis jeudi 7 mai 2026 à Abidjan-Plateau ont évalué les performances de la quatrième année de mise en œuvre du Projet d’appui à la santé sexuelle et reproductive pour elles (PASSERELLE), tout en réaffirmant leur volonté de renforcer les actions en faveur des adolescentes et des jeunes filles confrontées aux défis des grossesses précoces, du faible accès à la planification familiale et des violences basées sur le genre.
Coprésidée par le ministère du Plan et du Développement et l’ambassade du Canada en Côte d’Ivoire, cette rencontre du comité de pilotage du projet PASSERELLE a permis d’évaluer les résultats enregistrés entre avril 2025 et mars 2026, tout en préparant la dernière phase d’exécution du projet financé par le gouvernement canadien et mis en œuvre par Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC), en collaboration avec les ministères en charge de la Santé et de l’Éducation ainsi que plusieurs partenaires locaux des régions de la Nawa et de San Pedro.
Au-delà de l’évaluation technique et financière, les échanges ont surtout mis en lumière l’impact social du projet dans des localités confrontées aux défis persistants des grossesses précoces, du faible accès à la planification familiale et des violences basées sur le genre.
La directrice pays de l’EUMC Côte d’Ivoire, Sarah Lajoie Flyng, s’est félicitée des avancées enregistrées après quatre années d’intervention. Selon elle, PASSERELLE a permis de renforcer les capacités du système sanitaire tout en donnant aux adolescents et adolescentes les moyens de prendre des décisions éclairées concernant leur santé sexuelle et reproductive.
« On est satisfait des résultats qu’on a jusqu’à aujourd’hui. Ça a été quatre ans de collaboration avec les partenaires nationaux », a-t-elle déclaré, soulignant la forte implication des acteurs étatiques et communautaires dans la mise en œuvre du programme.
Mme Flyng a insisté sur la dimension durable du projet, affirmant que la dernière année sera consacrée à la consolidation des acquis et au transfert des compétences aux acteurs locaux afin que « les changements de comportement continuent bien après la fin du projet ». Elle a toutefois reconnu que la santé sexuelle et reproductive demeure « un sujet très complexe » nécessitant encore des efforts soutenus.

Le représentant de l’ambassade du Canada en Côte d’Ivoire, le conseiller et chef de la coopération, Amadou Kane, a pour sa part, rappelé que les enjeux liés à la santé sexuelle et reproductive restent majeurs dans un contexte marqué par une forte croissance démographique et la persistance des grossesses précoces.
« Promouvoir la santé sexuelle et reproductive, c’est promouvoir les droits, l’égalité des genres et le développement durable », a-t-il soutenu, réaffirmant l’engagement du Canada à accompagner la Côte d’Ivoire dans l’amélioration de l’accès des adolescents à l’information et aux services de santé.
Pour M. Kane, cette réunion constitue une étape décisive pour mesurer les résultats obtenus et surtout « prendre les dispositions nécessaires pour les pérenniser de manière stable, durable et avec des impacts tangibles ». Il a appelé l’ensemble des parties prenantes à maintenir une dynamique collective afin de répondre efficacement aux besoins des jeunes et des communautés.
Le représentant du ministère du Plan et du Développement, Philippe Lasmel, a mis l’accent sur les progrès observés dans plusieurs localités bénéficiaires du projet, tout en relevant des disparités et des défis persistants.
Selon lui, à Méagui, les adolescentes présentent des niveaux de satisfaction et d’utilisation des services supérieurs aux objectifs fixés. À San Pedro, les attitudes favorables envers la santé sexuelle se sont améliorées, même si l’accès aux services demeure limité. À Soubré, la qualité des soins est reconnue, mais « la confiance décisionnelle des adolescentes demeure insuffisante ».
M. Lasmel a également attiré l’attention sur la persistance des violences basées sur le genre et sur certaines normes sociales encore défavorables aux droits des jeunes filles. « Nous devons concentrer nos efforts sur la réduction des disparités entre les régions, le renforcement de la confiance décisionnelle des adolescentes et la transformation des normes sociales qui freinent l’accès aux services sanitaires », a-t-il indiqué.
Les responsables du projet ont rappelé que la Côte d’Ivoire fait face à une croissance démographique rapide avec un taux de fécondité de 4,2 enfants par femme en 2024, tandis que plus de 4 000 cas de grossesses en milieu scolaire ont été recensés entre septembre 2023 et mai 2024. Dans ce contexte, PASSERELLE apparaît comme un instrument stratégique pour améliorer durablement la santé et le bien-être des adolescentes et des jeunes filles.
À travers le renforcement des structures sanitaires, la sensibilisation communautaire et la promotion des droits des adolescentes, le projet contribue progressivement à briser les barrières sociales et culturelles limitant l’accès des jeunes aux services de santé sexuelle et reproductive.
La quatrième réunion du comité de pilotage s’est achevée sur une note d’engagement collectif, avec la volonté affichée des partenaires de consolider les acquis afin que les avancées enregistrées continuent de produire leurs effets au bénéfice des générations futures.
(AIP)
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