Abidjan, 14 mai 2026 (AIP) – Les participants à la réunion du Hub Afrique de l’Ouest et du Centre (AOC) de l’Alliance mondiale pour l’élimination du sida pédiatrique ont appelé, au terme de leurs travaux tenus du 11 au 13 mai 2026 à Abidjan, à un renforcement de l’engagement politique, des financements domestiques et des mécanismes de redevabilité afin d’accélérer l’élimination du VIH pédiatrique d’ici à 2030.
Au terme des échanges, les acteurs ont formulé plusieurs recommandations majeures articulées autour de trois axes stratégiques.
Le premier axe porte sur le renforcement de l’engagement politique au plus haut niveau. Les participants ont recommandé une implication accrue des Premières dames de la région dans la lutte contre le VIH pédiatrique, avec l’organisation avant fin 2026 d’une rencontre régionale consacrée à cette problématique.
Ils ont également préconisé la tenue d’une réunion ministérielle régionale devant aboutir à l’adoption d’une déclaration commune traduisant les engagements politiques en actions concrètes pour la période 2027-2030.
Le deuxième axe concerne le renforcement de la redevabilité et du suivi des engagements. À cet effet, les experts ont proposé la mise en place d’un comité régional multipartite chargé d’évaluer régulièrement les performances des pays membres, d’assurer le suivi des engagements pris et de formuler des recommandations techniques.
Le troisième axe vise l’accélération du dépistage et de la prise en charge des femmes enceintes, des enfants, des adolescents et des jeunes vivant avec le VIH. Les participants ont notamment recommandé de faire de l’année 2027 une « année spéciale de rattrapage » afin d’intensifier les campagnes de dépistage et l’accès aux traitements.
Ils ont en outre plaidé pour une meilleure intégration des services de santé, afin que les femmes enceintes puissent bénéficier, au cours d’une même consultation, du dépistage, du traitement et des soins essentiels liés au VIH.
Les acteurs réunis à Abidjan ont également insisté sur la nécessité d’abandonner progressivement les approches verticales au profit de systèmes de santé intégrés et de renforcer les investissements dans les structures communautaires, jugées essentielles pour atteindre les populations vulnérables.
Présidant la cérémonie de clôture, le ministre ivoirien de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle a réaffirmé l’engagement du gouvernement ivoirien à intensifier les efforts pour atteindre l’objectif d’élimination du sida comme menace de santé publique d’ici à 2030.
« Tous nos efforts, tant au niveau politique, stratégique, financier qu’opérationnel, doivent converger vers l’atteinte de cet objectif », a-t-il déclaré, souhaitant qu’une évaluation régionale soit organisée avant 2030 afin de mesurer les progrès accomplis et d’ajuster les stratégies si nécessaire.
Intervenant par visioconférence, Winnie Byanyima a salué le leadership de la Côte d’Ivoire dans la lutte contre le VIH et exhorté les États à agir avec urgence.
Selon elle, l’Afrique de l’Ouest et du Centre dispose désormais des outils scientifiques, des innovations médicales et de l’expérience nécessaires pour éliminer le sida pédiatrique.
« Nous sommes maintenant seulement à quatre ans de 2030. Quatre ans, c’est court, mais c’est assez de temps pour agir avec urgence et détermination », a-t-elle insisté, appelant les États à renforcer les financements domestiques et les systèmes communautaires afin que chaque enfant naisse sans VIH et que ceux vivant avec le virus puissent grandir en bonne santé.
(AIP)
bsb/fmo

