Séguéla, 20 mai 2026 (AIP) – La ville de Séguéla fait face à une pénurie d’eau malgré les projets de renforcement des infrastructures hydrauliques dans la région du Worodougou entrepris par le gouvernement, a constaté l’AIP
Privés d’eau potable depuis plusieurs mois, les habitants de Séguéla vivent un quotidien marqué par la soif et l’incertitude, alors que l’État avait tenté de répondre à cette crise par des projets de raccordement et de renforcement des infrastructures hydrauliques dans la région du Worodougou.
Après d’innombrables coupures, les robinets sont désormais totalement à sec. Dans le quartier Bakayoko 2, femmes et enfants parcourent chaque jour de longues distances, bidons et cuvettes sur la tête, pour s’approvisionner auprès des rares familles disposant d’un forage. « Je suis obligée de sortir tôt pour venir chercher de l’eau ici. Il me faut plusieurs tours », témoigne Bintou Dosso, qui avoue devoir prévoir un budget supplémentaire pour acheter des packs d’eau.
Pour Moussa Diomandé, habitant du même quartier, la société de distribution d’eau en Côte d’Ivoire (SODECI) manque de considération envers les usagers : « Lundi 18 mai 2026, nous nous sommes réveillés sans eau et jusqu’à ce jour (mercredi 20 mai), rien n’a changé. Personne ne nous informe », déplore-t-il. Il s’est plaint du fait que la Société de distribution d’eau de Côte d’Ivoire (SODECI) continue d’envoyer des factures et sanctionne tout retard de paiement par l’enlèvement des compteurs, malgré l’absence d’eau.
Cette crise, vécue comme un abandon, révèle la fragilité des infrastructures et l’urgence d’une réponse institutionnelle. Les populations de Séguéla appellent à une action rapide et durable pour garantir l’accès à l’eau, ressource vitale et droit fondamental.
En juillet 2024, lors d’une visite sur le chantier de raccordement en eau potable de l’agglomération de Séguéla depuis l’affluent du fleuve Sassandra, situé à Bac Semien dans la sous-préfecture de Kamako, le ministre de l’Hydraulique d’alors, Bouaké Fofana, avait donné espoir aux populations en saluant l’état d’avancement des travaux. L’objectif, avait-il affirmé, était d’augmenter les capacités de production en eau potable afin de répondre à la demande croissante de la ville et de ses environs.
Selon Bouaké Fofana, ces installations s’inscrivaient dans le cadre du projet de renforcement de l’alimentation en eau potable de 12 villes de Côte d’Ivoire. Ce programme visait à améliorer durablement l’accès à l’eau grâce à la mise en place d’une nouvelle unité de traitement et de réseaux de distribution.
Bien que les travaux soient achevés, les robinets restent désespérément secs et les populations demeurent exposées aux maladies d’origine hydrique. Entre le calvaire quotidien des habitants et les efforts de l’État pour renforcer les infrastructures, Séguéla illustre à la fois les défis et les espoirs liés à l’accès à l’eau potable en Côte d’Ivoire.
(AIP)
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