Abidjan, 28 mai (AIP) – L’Afrique fait face à un déficit de financement annuel de plus de 1 300 milliards de dollars pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) malgré une croissance résiliente projetée à 4,2 % en 2026, révèle le rapport « Perspectives économiques en Afrique 2026 » du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), publié mardi 28 mai 2026 à Brazzaville.
Selon ce rapport phare présenté lors des Assemblées annuelles de l’institution, l’économie continentale fait preuve d’une solidité remarquable face aux chocs mondiaux, avec 22 pays affichant des taux de croissance supérieurs à 5 % en 2025. Toutefois, les experts de la BAD soulignent que le maintien de cette dynamique nécessite un « virage décisif » vers la mobilisation massive de capitaux nationaux et internationaux.
Le document indique que le défi ne réside pas uniquement dans le manque de ressources, mais dans la capacité à les déployer efficacement. Pour combler le gap financier, la BAD identifie des leviers majeurs permettant de débloquer jusqu’à 1 430 milliards de dollars par an. Parmi ces opportunités figurent l’amélioration de la perception des recettes fiscales (469 milliards de dollars potentiels), l’efficacité des investissements publics (299 milliards de dollars d’économies) et la lutte contre les flux financiers illicites.
Le rapport met également en lumière le rôle crucial des investisseurs institutionnels, tels que les fonds de pension et les assureurs, qui gèrent environ 4 000 milliards de dollars d’actifs. Actuellement, moins de 2,7 % de cette manne est allouée aux infrastructures africaines, représentant un gisement de croissance sous-exploité.
Pour renforcer l’autonomie financière du continent, la BAD préconise l’accélération de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD). Cette stratégie repose sur l’intégration des marchés de capitaux, le soutien aux banques panafricaines et l’utilisation de l’Agence africaine de notation de crédit, lancée en janvier 2026, pour corriger les biais d’évaluation du risque souverain.
Au niveau régional, les perspectives restent mitigées : si l’Afrique de l’Est demeure la locomotive avec 5,9 % de croissance prévue en 2026, l’Afrique de l’Ouest devrait se stabiliser à 4,7 %, portée par la production agricole et les infrastructures, tandis que l’Afrique centrale devrait connaître une légère reprise à 3,8 % grâce aux cours du pétrole.
(AIP)
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