Abidjan, 27 juil 2025 (AIP) –Une thèse consacrée à la résolution des conflits en période électorale, en s’appuyant sur le rôle de la chefferie traditionnelle, a été soumise à l’évaluation par la doctorante en communication politique Mahan Dajan Dorcas, samedi 26 juillet 2025 à l’université Félix Houphouët-Boigny de Cocody.
Intitulé « Communication politique et résolution de conflits en Côte d’Ivoire : la médiation des Rois et Chefs Traditionnels à la présidentielle de 2020 », ce travail de recherche universitaire propose de repenser la gestion des crises en intégrant de manière structurée les acteurs issus de la tradition, au moment où la Côte d’Ivoire se prépare à une nouvelle élection présidentielle dans un climat de vigilance.
La soutenance s’est tenue sous la présidence du professeur titulaire à l’école normale supérieure (ENS), Kouadio Anne Marilyse, et la direction du directeur général de l’Institut des sciences et techniques de la communication (ISTC), le Pr Toa Agnini Jules Évariste.
Le jury, à l’unanimité, a salué la rigueur scientifique du travail et a attribué à la candidate la mention très honorable.
À travers son étude de cas portant sur la présidentielle de 2020, l’impétrante met en évidence les interventions de la Chambre des rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire, qui ont contribué à apaiser les tensions électorales dans certaines localités. Loin d’être anecdotiques, ces médiations locales ont permis, selon la chercheuse, d’instaurer un dialogue là où les canaux politiques étaient bloqués.
Dans un contexte de méfiance entre acteurs politiques, la légitimité culturelle des chefs traditionnels, leur proximité avec les communautés et leur rôle d’arbitres sociaux en font des relais efficaces pour désamorcer les conflits.
L’innovation majeure de cette thèse repose sur la proposition d’un protocole afro-centré de résolution des conflits, inspiré des savoirs endogènes. Ce protocole fait cas de trois piliers que sont l’intégration des chefferies dans les dispositifs institutionnels de médiation, l’utilisation des langues et symboles culturels pour porter les messages de paix et la co-construction des réponses avec les communautés locales.
Mahan Dajan Dorcas estime que cette approche, à la fois inclusive et enracinée, pourrait servir de modèle dans d’autres contextes de crise, au-delà des seules élections.
La thèse de la chercheure vient ainsi renforcer les arguments en faveur d’une meilleure reconnaissance du rôle des autorités traditionnelles dans les dispositifs de paix et de cohésion sociale en Côte d’Ivoire. D’ailleurs, à quelques mois de la présidentielle de 2025, la Chambre des rois et chefs traditionnels multiplie les actions de sensibilisation en faveur d’un scrutin apaisé, avec le soutien des autorités locales.
(AIP)
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