Abidjan, 13 août 2025 (AIP)- L’Éthiopie ambition de devenir le hub aérien incontournable de l’Afrique, en concluant, lundi 11 août 2025, un accord de partenariat avec la Banque africaine de développement (BAD), pour mobiliser huit milliards de dollars sur les 10 milliards nécessaires au financement du futur aéroport international de Bishoftu, un projet pharaonique qui pourrait redistribuer les cartes du transport aérien mondial.
Situé à 40 km au sud d’Addis-Abeba, ce nouvel aéroport international affiche l’accueil de 60 millions de passagers dès l’ouverture, extensible à 110 millions, avec une capacité de fret de 3,73 millions de tonnes annuelles. Des chiffres qui placent d’emblée l’infrastructure éthiopienne dans le cercle très fermé des méga-hubs mondiaux, aux côtés de Dubaï, Istanbul ou Singapour.
« La signature de cette lettre de mandat marque une étape décisive vers la réalisation d’une passerelle panafricaine de classe mondiale qui stimulera le commerce intra-africain, l’intégration régionale, le tourisme et la connectivité mondiale », a déclaré le PDG d’Ethiopian Airlines, Mesfin Tasew, lors de la cérémonie officielle présidée par le président de la BAD, Akinwumi Adesina.
Le projet s’appuie sur un parcours inspirant d’Ethiopian Airlines, seule compagnie africaine à figurer parmi les grandes compagnies mondiales. Avec ses 75 ans d’existence et un chiffre d’affaires record de 7,6 milliards de dollars au 30 juin 2025 (+8% en un an), la compagnie nationale éthiopienne transporte déjà 19 millions de passagers annuels et a été désignée « Meilleure compagnie aérienne d’Afrique » pour la septième fois consécutive par Skytrax.
L’aéroport actuel de Bole, saturé, se concentrera désormais sur les vols domestiques, tandis que Bishoftu captera tout le trafic international dans une logique de hub and spoke continental.
Les travaux de terrassement démarreront fin 2025 pour une mise en service prévue en novembre 2029. Au-delà de l’aéroport, le projet inclut une véritable « ville aéroportuaire » avec centres commerciaux, hôtels, zones de loisirs et connexions ferroviaires directes vers la capitale.
Ce timing agressif s’inscrit dans la stratégie du Premier ministre Abiy Ahmed de transformer l’Éthiopie en plateforme économique régionale, profitant de sa position géographique privilégiée entre l’Afrique, l’Europe, l’Asie et le Moyen-Orient.
La BAD, qui apportera directement 500 millions de dollars, joue un rôle d’arrangeur principal pour mobiliser les 7,5 milliards restants auprès d’investisseurs internationaux. Cette approche de « blended finance » illustre la nouvelle capacité africaine à structurer des méga-projets sans dépendance exclusive aux bailleurs traditionnels.
Significativement, Ethiopian Airlines a budgété 350 millions de dollars pour la réinstallation des communautés affectées, témoignant d’une approche plus responsable du développement infrastructurel.
Le succès de Bishoftu pourrait redéfinir les flux aériens intercontinentaux et confirmer l’émergence de l’Afrique comme acteur majeur de l’aviation civile mondiale.
(AIP)
kp

