Abidjan, 16 sept 2026 (AIP) – Le procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abidjan, Koné Braman Oumar, a répondu mercredi 16 septembre 2026 aux arguments des avocats de Justin Katinan Koné, quatrième vice-président du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), rejetant notamment toute accusation de « séquestration » et défendant la régularité de la procédure judiciaire engagée contre leur client.
Lors d’une conférence de presse à Abidjan, le procureur a affirmé que M. Katinan Koné avait été régulièrement convoqué et entendu dans le cadre de deux procédures distinctes. « Il n’a jamais été question de séquestration », a-t-il déclaré, précisant que les délais de garde à vue avaient été respectés et que les quatre avocats du responsable du PPA-CI étaient présents lors des auditions.
Selon le parquet, M. Katinan Koné avait d’abord été convoqué à la suite d’une plainte du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), portant sur des faits présumés de diffamation, d’injure par le biais d’un système d’information et de diffusion de fausses nouvelles.
Il s’était présenté à la convocation et les faits qui lui étaient reprochés lui avaient été notifiés, mais avait refusé de répondre aux questions des enquêteurs, ses avocats ayant soulevé un préalable relatif à son statut d’ancien membre du gouvernement.
Le procureur a indiqué que cette première procédure avait été clôturée et que le procès-verbal devait être transmis en vue de la saisine du tribunal correctionnel. Il a précisé que M. Katinan Koné n’avait pas été déféré sur la base de cette plainte.
Une seconde procédure a ensuite été ouverte concernant des faits survenus pendant la période électorale de 2025. Selon le procureur, les enquêtes menées dans ce cadre ont permis de recueillir des éléments mettant en cause M. Katinan Koné dans des faits qualifiés de criminels.
« Le timing des hommes politiques n’est pas le mien », a déclaré Koné Braman Oumar, estimant que les faits commis durant cette période ne sont pas prescrits et peuvent encore faire l’objet de poursuites judiciaires.
Répondant à l’argument de la défense relatif au statut d’ancien ministre de M. Katinan Koné, le procureur s’est appuyé sur la loi n°2005-201 du 16 juin 2005. Il a notamment cité l’article 54, selon lequel les mesures spéciales concernant les anciens membres du gouvernement ne s’appliquent pas aux infractions commises pendant les campagnes électorales ou à l’occasion des élections.
Il a également annoncé la délivrance d’un mandat d’arrêt contre l’avocate Habiba Touré dans le cadre des enquêtes liées aux événements de 2025. Il a invité les parties contestant la procédure à exercer les voies de recours prévues par la loi, estimant que les questions juridiques doivent être tranchées par les juridictions compétentes et non dans la presse.
Pour rappel, Justin Katinan Koné a été placé sous mandat de dépôt le 11 septembre 2026 après l’ouverture d’une information judiciaire par la Section antiterroriste du Tribunal de première instance d’Abidjan.
Selon le parquet, il est notamment poursuivi pour des faits présumés d’actes terroristes, d’attentat et de complot contre l’autorité de l’Etat, de participation à un mouvement insurrectionnel, d’atteinte à l’ordre public et d’incendie volontaire de véhicules.
(AIP)
msl/zaar

