Yamoussoukro, 04 nov 2025 (AIP) – Un atelier national d’analyse et d’identification des zones à risque et des populations en insécurité alimentaire et nutritionnelle s’est ouvert le lundi 3 novembre 2025 à Yamoussoukro, en présence d’experts du secteur agricole, de la nutrition et du développement rural.
Organisé par le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, en collaboration avec le Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel et en Afrique de l’Ouest (CILSS) et Abidjan Legacy Program (ALP), cet atelier s’inscrit dans le cadre du Dispositif national de suivi de la situation alimentaire en Côte d’Ivoire (DISSA). Il marque le 24ᵉ cycle d’analyse nationale du « cadre harmonisé », un outil de référence pour la prévention et la gestion des crises alimentaires.
Le directeur général des productions et de la sécurité alimentaire au ministère, Pr Pascal Angui, a indiqué que cette rencontre vise à dresser le bilan de la situation alimentaire sur l’ensemble du territoire ivoirien et à identifier les zones sous pression ou en situation d’urgence. « Cet atelier nous permet de faire le point de la situation alimentaire et d’en tirer des conclusions sur les zones les plus vulnérables », a-t-il déclaré.
Selon la spécialiste de la sécurité alimentaire auprès du secrétariat exécutif du Conseil national pour la nutrition, l’alimentation et le développement de la petite enfance (CONNAPE), Dr Aka Chantal, le « cadre harmonisé » permet de prévenir et d’identifier les zones d’insécurité alimentaire ainsi que d’estimer les populations concernées, afin d’aider les décideurs à prendre des mesures fondées sur des données factuelles.
Pour le participant Bié Hubert, l’atelier intervient dans un contexte où près de 47 millions de personnes en Afrique de l’Ouest et au Sahel vivent sous pression alimentaire, dont neuf millions de femmes et d’enfants souffrant de malnutrition. Il a salué la pertinence de l’outil, qui fournit aux États des données fiables sur la vulnérabilité alimentaire.
Le coordonnateur d’Abidjan Legacy Program, Abou Bamba, a, pour sa part, attribué la recrudescence des zones à risque à plusieurs facteurs, notamment la dépendance de l’agriculture à la pluviométrie, le phénomène de l’orpaillage, la réduction des terres cultivables, le manque de structuration du secteur vivrier et la hausse des exportations de produits alimentaires tels que le riz et le poisson, entraînant une cherté accrue du coût de la vie.
Les travaux de cet atelier aboutiront à la publication d’une cartographie actualisée de la situation alimentaire et nutritionnelle en Côte d’Ivoire.
(AIP)
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