Abidjan, 9 déc 2025 (AIP) – Le gouvernement soudanais se dit disposé à engager un dialogue politique pour mettre fin au conflit qui ravage le pays depuis 20 mois, mais à condition que les Forces de soutien rapide (FSR) procèdent à un désarmement total et se retirent des centres urbains, a rapporté lundi 8 décembre 2025 l’agence turque Anadolu.
S’exprimant dimanche 7 décembre lors d’un panel au Forum de Doha 2025, le ministre soudanais de la Justice, Abdullah Dirif, a estimé qu’aucune avancée n’est envisageable tant que les FSR maintiennent leurs positions armées dans les grandes villes et continuent d’y déployer des armes lourdes.
« Comment pouvons-nous parler de paix alors que des armes restent entre les mains de criminels et de terroristes ? », a-t-il interrogé, soulignant que le rétablissement de la sécurité passe par un retrait total des combattants et un dépôt des armes dans des zones préalablement définies.
Le ministre a précisé que Khartoum demeure ouvert aux médiations régionales et internationales, tout en accusant les FSR de n’avoir pas respecté leurs engagements antérieurs, notamment ceux prévus par la Déclaration de Djeddah, signée en mai 2023 sous médiation américaine et saoudienne et visant à protéger les civils.
La répétition des violations de cessez-le-feu par les deux camps a finalement conduit Washington et Riyad à suspendre leurs efforts diplomatiques.
Le 26 octobre, les FSR ont pris le contrôle d’El-Fasher, capitale du Darfour-Nord, où elles sont accusées d’exactions ayant provoqué la fuite de plus de 40 000 civils. La milice contrôle désormais les cinq États du Darfour, tandis que l’armée soudanaise conserve la majorité des 13 autres États, dont celui de Khartoum.
Le conflit, déclenché en avril 2023 entre l’armée soudanaise et les FSR, a fait plusieurs milliers de morts et provoqué l’un des plus importants déplacements de population de la région.
(AIP)
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