Abidjan, 08 jan 2026 (AIP)-Le Syndicat libre des agents de la Société de développement des forêts (SYLIA) a appelé, jeudi 08 janvier 2026 à Abidjan, au strict respect de l’esprit et de la lettre du Code forestier ivoirien, à l’issue d’une conférence de presse animée par son secrétaire général, le Lieutenant Ouattara Ziépleu Lacina.
Le responsable syndical a relevé de graves dysfonctionnements dans l’attribution et la gestion des concessions forestières, des pratiques qu’il juge contraires aux dispositions légales en vigueur et de nature à compromettre durablement la préservation du patrimoine forestier national.
Selon le Lieutenant Ouattara, la mise en œuvre de la Stratégie de préservation, de réhabilitation et d’extension des forêts (SPREF), bien que pertinente dans son principe, s’écarte dangereusement du cadre normatif fixé par le code forestier.
Il a notamment souligné l’extension inexpliquée du nombre de forêts classées concernées par les concessions, passé de 76 à 86, incluant des massifs pourtant bien conservés et à forte valeur écologique.
Ces faits, a-t-il noté, sont à l’origine de tensions récurrentes sur le terrain, opposant agents forestiers et opérateurs privés, avec des risques sécuritaires réels et des conflits préjudiciables à la bonne gouvernance forestière.
Le Syndicat a par ailleurs dénoncé le recours systématique à des prestataires privés pour des opérations techniques telles que la délimitation des forêts et les reboisements compensatoires, alors même que la Société de développement des forêts (SODEFOR) dispose d’une expertise avérée et de services compétents en la matière.
Pour le SYLIA, cette orientation affaiblit progressivement la société d’État, menace les emplois des agents forestiers et s’inscrit en contradiction avec la politique de renforcement de la SODEFOR prônée par les pouvoirs publics.
Tout en réaffirmant son attachement au dialogue social, le Lieutenant Ouattara Ziépleu Lacina a souhaité l’ouverture prochaine de démarches institutionnelles auprès de la direction générale de la SODEFOR, du conseil d’administration, du ministère de tutelle, de la primature et de la présidence de la République.
Pour le Syndicat, l’enjeu dépasse les revendications corporatistes et concerne la sauvegarde de la forêt ivoirienne ainsi que l’atteinte des objectifs de reconquête du couvert forestier à l’horizon 2030.
(AIP)
gf/bsp/cmas

