Guitry, 20 jan 2026 (AIP) – Premier producteur mondial de cacao avec environ 40 % de l’offre globale, la Côte d’Ivoire confirme son rôle central sur le marché international, toutefois, dans le département de Guitry, dans la région du Lôh-Djiboua, la campagne cacaoyère 2025-2026 révèle des difficultés structurelles qui affectent les planteurs, malgré un prix bord-champ fixé à 2 800 FCFA le kilogramme.
Selon l’Organisation internationale du cacao (ICCO), la production mondiale pour la campagne 2024-2025 est estimée à 4,69 millions de tonnes, en baisse d’environ 12,9 %, en raison de conditions climatiques défavorables et de maladies touchant les vergers d’Afrique de l’Ouest.
Dans ce contexte, la Côte d’Ivoire ambitionne une production d’environ 1,8 million de tonnes, consolidant ainsi sa position de leader mondial. En 2023, les exportations de cacao et de produits dérivés ont généré près de 5,8 milliards de dollars américains, contribuant significativement aux recettes d’exportation du pays.
Cependant, après les fortes hausses observées sur les marchés internationaux en 2024, une tendance à la baisse et à la volatilité des cours mondiaux est enregistrée, entraînant un décalage entre la dynamique du marché international et les réalités locales de commercialisation.
À Guitry, plusieurs planteurs font état de difficultés d’écoulement des fèves, avec des stocks qui s’accumulent dans les campements et villages. « Le prix est bon sur le papier, mais les acheteurs tardent. Certains sacs sont stockés depuis des semaines, ce qui inquiète les producteurs », a confié M. Kouassi N’Dri, planteur dans une sous-préfecture du département.
Des responsables de coopératives locales confirment ces difficultés, évoquant des ralentissements dans la collecte, liés notamment à des ajustements logistiques et financiers au niveau des acheteurs.
Face à cette situation, les producteurs appellent à une meilleure coordination entre le prix bord-champ et l’évolution des marchés internationaux, à une plus grande transparence dans les mécanismes de commercialisation, ainsi qu’à des mesures d’accompagnement pour faire face à la volatilité des cours.
« Les crises mondiales ne doivent pas retomber uniquement sur les producteurs. Il faut des mécanismes pour nous protéger et garantir l’écoulement de nos récoltes », a estimé Mme N’Guessan Affoué, productrice de cacao.
À Guitry, comme dans plusieurs bassins de production du pays, la campagne cacaoyère 2025-2026 met ainsi à l’épreuve la résilience de la filière cacao, pilier de l’économie ivoirienne et source de revenus pour près de six millions de personnes.
Si les mécanismes de régulation et de fixation des prix visent à sécuriser les revenus des producteurs, les acteurs locaux estiment que des ajustements structurels demeurent nécessaires pour assurer la durabilité économique de la filière face aux fluctuations du marché mondial.
(AIP)
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