Minignan, 23 jan 2026 (AIP)-Les populations de Minignan, dans le nord-ouest du pays, vivent depuis plusieurs semaines une pénurie de viande de bœuf dans les différentes boucheries de la ville, a constaté l’AIP, jeudi 22 janvier 2026.
Jusque-là satisfaites du maintien du prix de cette denrée essentielle à 2 000 FCFA le kilogramme, les populations se montrent désormais sceptiques face à la rareté du produit. Depuis plusieurs semaines, le ravitaillement en viande se fait au compte-gouttes et de manière sporadique. Trouver de la viande relève presque du parcours du combattant tant la demande est forte.
Selon les bouchers, cette pénurie s’explique principalement par la flambée du prix du bétail.
« Avant, on pouvait obtenir 100 kilos de viande entre 100 000 et 150 000 FCFA. Aujourd’hui, le prix est monté à près de 250 000 FCFA. Comment pouvons-nous nous en sortir à ce coût ? », s’est interrogé Diakité Souleymane, boucher au grand marché de Minignan.
À cette difficulté s’ajoutent les conflits récurrents entre éleveurs et agriculteurs, qui poussent les bouviers à s’éloigner de la région pour éviter les tensions, aggravant ainsi l’absence de viande sur le marché local, a-t-il expliqué.
La situation alimentaire devient d’autant plus préoccupante que le prix du kilogramme de poisson « Sinchar » est passé à 1 600 FCFA, réduisant les alternatives pour les ménages.
Du côté des commerçants, cette hausse est justifiée par l’augmentation du prix du carton de poisson, passé de 25 000 à 30 000 FCFA. Une situation qui les contraint à revoir leurs tarifs.
« Cette augmentation n’arrange personne. À 1 600 FCFA, nous avons souvent des problèmes de monnaie et lorsque les clients se plaignent, cela nous met mal à l’aise. Mais nous sommes obligés d’augmenter un peu, sinon ce n’est pas rentable », a expliqué Diallo Sory, commerçant au grand marché de Minignan.
Pour tenter de résoudre cette pénurie de viande, qui survient de manière récurrente, la municipalité a construit un parc à bétail. Cependant, cette infrastructure demeure sans approvisionnement en raison de plusieurs malentendus entre les éleveurs de la localité, compromettant ainsi les efforts visant à stabiliser le marché.
(AIP)
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