Abidjan, 28 jan 2026 (AIP) – L’Organisation mondiale de la santé (OMS) traverse une période de fortes tensions financières qui menacent sa capacité à répondre efficacement aux défis sanitaires mondiaux, avec un déficit estimé à 660 millions de dollars, consécutif à la baisse des contributions volontaires des États et partenaires.
À l’ouverture de la 43ᵉ réunion du Conseil exécutif de l’OMS, le directeur général, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a lancé un appel pressant aux donateurs afin qu’ils assurent des financements « suffisants et de qualité » pour soutenir les priorités essentielles du programme général de travail de l’institution, a rapporté l’OMS, mercredi 28 janvier 2026.
Selon le chef de l’agence onusienne, ce déficit compromet gravement les capacités opérationnelles de l’OMS, d’autant plus que la majorité des contributions volontaires restent affectées à des projets spécifiques, laissant plusieurs domaines clés insuffisamment financés. Il s’agit notamment de la préparation aux situations d’urgence, de la lutte contre la résistance aux antimicrobiens, du financement de la santé, de la résilience climatique, ainsi que des déterminants et facteurs de risque sanitaires.
Cette alerte intervient dans un contexte particulièrement tendu, marqué par l’annonce récente du retrait formel des États-Unis de l’organisation, alors que l’année écoulée figure parmi les plus éprouvantes de l’histoire de l’OMS.
Initialement évalué à 5,3 milliards de dollars pour la période biennale 2026-2027, le budget de l’OMS a été successivement revu à la baisse, passant à 4,9 milliards, puis à 4,2 milliards de dollars, un ajustement validé par l’Assemblée mondiale de la Santé en mai dernier. Cette contraction budgétaire a entraîné une réorganisation interne, avec la fusion de départements, la délocalisation de certaines fonctions et une réduction des effectifs.
« Ce processus a été difficile et douloureux », a reconnu Dr Tedros, précisant que sans ces mesures, près de 3.000 postes auraient été supprimés. Finalement, 1.241 emplois ont été affectés, principalement par des départs à la retraite ou volontaires, tandis qu’environ 600 postes ont pu être maintenus grâce à l’augmentation des contributions obligatoires.
Face à des défis mondiaux en mutation rapide, allant du changement climatique à l’intelligence artificielle, l’OMS entend se réinventer. Le Dr Tedros a plaidé pour une organisation « plus légère, plus efficace et mieux financée », capable de préserver son indépendance et de s’adapter durablement aux enjeux sanitaires de demain.
(AIP)
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