Abidjan, 12 mars 2026 (AIP)- La présidente du Forum Galien Afrique, Pr Awa Marie Col Seck, plaide pour la mise en place d’un modèle de financement plus résilient et innovant pour soutenir le leadership des femmes, « les véritables architectes de la société ».
Pr Col Seck a fait cette recommandation lors d’un webinaire mercredi 11 mars 2026, organisé par sa structure, en partenariat avec le Réseau des médias africains pour la santé et l’environnement (REMAPSEN), sous le thème : « Leadership des femmes en santé mondiale : Influence stratégique sur les politiques publiques, justice sociale et modèles innovants de financement dans un contexte de ressources limitées », à l’occasion de la célébration de la Journée internationale des droits de la femme (JIF).
Comme modèles de financement des plus appropriés, le directeur régional du Fonds de nations unies pour la population (UNFPA) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Dr Sennen Hounton, a insisté sur l’importance de maximiser les ressources nationales en prenant des décisions allant dans le sens de la restructuration de la dette, afin d’investir plus.
« Des pays comme la Sierra Léone et le Cap Vert ont respectivement porté les taux de financement de l’éducation et la santé respectivement à 25% et 13%. Une autre option consiste à lever des taxes sur des produits comme l’alcool ou les cigarettes pour promouvoir la santé et l’autonomisation des femmes », a expliqué Dr Hounton, qui a aussi fait état de certaines initiatives de l’UNFPA, dont la promotion des fonds de jumelage.
La directrice des politiques, des relations gouvernementales et des partenariats pour l’Afrique de Gates Foundation, Caty Fall Sow, a relevé l’intersection entre nutrition, sécurité alimentaire et santé. Aussi, elle a décrit les financements innovants et intelligents promus par la fondation Gates qui a décidé en 2025 d’injecter 200 milliards de dollars d’ici 2045. Un engagement sur 20 ans qui vise à lutter contre les maladies infectieuses, la mortalité infantile et l’éducation.
Mme Sow a ajouté que « pour définir les besoins et gérer cette manne financière, trois bureaux régionaux seront ouverts au Sénégal, au Kenya et en Afrique du Sud. C’est une première dans l’histoire de la philanthropie. Nous ne nous substituons pas aux bailleurs traditionnels mais nous sommes des catalyseurs ».
Le représentant-résident de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Sénégal, Dr N’da Konan Michel Yao, également spécialiste en médecine de catastrophe et d’urgence, a donné plusieurs options qui sont, d’abord, d’impliquer les femmes leaders afin d’améliorer les ressources locales pour atteindre les objectifs des programmes locaux, ensuite, de taxer certains produits comme l’essence et le tabac et diriger les dividendes vers les communautés de femmes, et enfin, de promouvoir le partenariat public/privé et le soutien aux solutions digitales de santé.
L’ex-ministre ivoirienne de la Santé, Raymonde Coffie, a déploré les engagements non tenus de Beijing, tout en relevant la présence mitigée des femmes aux postes de décision en Afrique subsaharienne. Selon elle, les femmes représentent 56% des effectifs au niveau des postes de santé, tandis qu’elles sont moins de 15% aux postes de décisions. « En Côte d’Ivoire, l’enveloppe consacrée à la santé tourne autour de 6%, loin des recommandations d’Abuja », ajoute-elle.
Créé en 2018, le Forum Galien Afrique est la plateforme par excellence pour les échanges scientifiques de haut niveau sur des enjeux de santé publique, de la recherche et de l’innovation.
(AIP)
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