Abidjan, 24 mars 2026 (AIP) – La ville de Tanger, au Nord du Maroc, s’apprête à devenir le centre de gravité des décisions économiques continentales en accueillant, du 28 mars au 3 avril 2026, la 58ème session de la Conférence des ministres africains de la Commission économique pour l’Afrique (ECA).
Placé sous le thème central « Favoriser la transformation de l’Afrique par l’innovation et les technologies de pointe », ce rendez-vous stratégique ambitionne de passer d’une croissance subie à une prospérité technologique pilotée.
Malgré une progression moyenne du PIB africain de 3,5 % entre 2000 et 2023, la transformation structurelle du continent peine à suivre, selon un constat des experts de l’ECA. L’Afrique produit, mais sa productivité stagne, déplorent-ils.
L’enjeu de Tanger sera donc de tracer des voies concrètes pour que l’intelligence artificielle, la blockchain et la numérisation des services publics deviennent les nouveaux moteurs de la diversification industrielle du continent.
L’autre dossier brûlant de cette 58ème session concerne l’architecture financière de la santé. Avec moins de 41 % couvertes par les États, le fardeau des dépenses de santé est laissé aux ménages et aux partenaires extérieurs, alerte l’ECA qui plaide pour un changement de paradigme.
La conférence présentera donc une stratégie de « santé comme investissement souverain », reposant sur sept piliers interconnectés pour bâtir des systèmes résilients face aux chocs futurs.
Le sommet de Tanger réunira un collège impressionnant de décideurs constitué de ministres des Finances, de la Planification et de la Santé, de gouverneurs de banques centrales, ainsi que des capitaines d’industrie et chercheurs de renom.
Le programme sera marqué par des temps forts de leadership intellectuel tels que la Conférence Adebayo Adedeji, une véritable boussole sur l’avenir du développement africain, le Rapport économique sur l’Afrique (ERA), qui fournira les données actualisées sur les trajectoires de croissance.
Les travaux débuteront par les réunions du Comité d’experts et des consultations techniques, avant le segment ministériel qui définira les nouvelles priorités de financement et les politiques d’innovation pour les décennies à venir.
Cette 58ème session est présentée par les organisateurs comme la plateforme intergouvernementale la plus influente pour dicter les priorités de financement et les voies de développement de l’Afrique à l’horizon 2030.
(AIP)
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