Abidjan, 02 avr 2026 (AIP)- La Côte d’Ivoire a officiellement lancé, jeudi 2 avril 2026 à Abidjan, le Programme intégré Net-Zéro Nature-Positive (NZNP), une initiative de plus de 3,5 milliards FCFA visant à concilier développement agricole, réduction des émissions de gaz à effet de serre et préservation de la biodiversité.
Financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et mis en œuvre par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), ce projet de 72 mois cible 13 régions fortement marquées par la déforestation, notamment La Mé, Gontougo, Bagoué, Haut-Sassandra, Nawa, Gbêkê, San Pedro, Hambol, Kabadougou, Folon, Guémon, Cavally et Tonkpi.
Le programme intégré Net-Zéro Nature-Positive (NZNP) a été lancé par la directrice de cabinet adjointe du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Indira Yanni-Domingo, représentant le ministre Abou Bamba.
« Le moment est venu d’agir ensemble pour un avenir net zéro et positif pour la nature », a déclaré Mme Yanni-Domingo, soulignant que le projet ambitionne d’intégrer les stratégies d’atténuation du changement climatique et de conservation de la nature dans les politiques de développement nationales et locales.
Le secteur agricole, qui représente 22% du PIB et occupe près de 60% de la population active, est à la fois moteur de l’économie et principal facteur de déforestation (cacao, hévéa, huile de palme). Face à ce défi, le programme NZNP fixe des objectifs chiffrés à l’horizon 2035, conformément à la troisième Contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0), réduction de 33,07% des émissions de gaz à effet de serre, soit environ 52 millions de tonnes équivalent CO2.
Concrètement, le projet vise 80 % de réduction des surfaces brûlées à l’air libre, 75 % des superficies rizicoles sous pratiques durables, et la transformation de 2,5 millions d’hectares en systèmes agroforestiers durables. Il prévoit également 1,5 million d’hectares de reboisement et 0,55 million d’hectares de réduction de la perte de couvert forestier.
Il s’articule autour de quatre axes, à savoir la gouvernance et renforcement des capacités, la planification sectorielle des investissements, la mobilisation des financements (notamment privés), et le partage de connaissances.
Les bénéficiaires directs sont les femmes et leurs coopératives, les jeunes, les producteurs de cacao et de noix de cajou, les PME vertes et les communautés rurales des treize régions cibles.
« Ce projet porte une ambition humaine, lutter contre la pauvreté, réduire les inégalités de genre et offrir des opportunités économiques durables », a insisté le représentant résident adjoint du PNUD, Olivier Gaël, réaffirmant l’engagement de l’agence onusienne aux côtés du gouvernement ivoirien.
Au nom de l’Assemblée des régions et districts de Côte d’Ivoire (ARDCI), la vice-présidente du Conseil régional du Hambol, Mme Ouattara épouse Coulibaly, a salué un projet, « hautement stratégique » qui permettra aux 13 régions d’intégrer les critères NZNP dans leurs documents de planification, de dynamiser l’économie locale et de créer des emplois.
« Nous devons travailler ensemble pour obtenir d’excellents résultats et contribuer à l’émergence de nos territoires », a-t-elle engagé les parties prenantes.
Le coordonnateur du Programme national changement climatique (PNCC) au ministère de l’Environnement, Mohamed Sanogo, a rappelé que le projet est né du leadership ministériel et du partenariat technique avec le PNUD. Il a appelé le secteur financier privé à renforcer ses capacités pour financer des modèles sobres en carbone et respectueux de la biodiversité.
« Les communautés que nous accompagnons n’attendent pas des discours, mais des résultats tangibles », a conclu Indira Yanni-Domingo.
(AIP)
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