Séguéla, 21 avr 2026 (AIP) – Dans les rangs du Centre de Protection civile (CPC) de Séguéla, 47 agents veillent jour et nuit à la sécurité des populations. Parmi eux, seules trois femmes surnommées “petits garçons” par leurs pairs. Le lieutenant Kouakou Auguste, chef de garde de 2ᵉ classe, est l’une de ces femmes qui ont choisi de braver les flammes et les catastrophes. Dans un univers dominé par les hommes, elle incarne la ténacité, la passion et la fierté d’un métier qui ne laisse aucune place au hasard. Environ 27 ans, sans enfants, Lt Kouakou est devenue un symbole de courage et d’égalité, prouvant que la bravoure n’a pas de genre. (Portrait)
Une vocation née de l’amour du métier
Pour Kouakou Auguste, être sapeur-pompier n’est pas un simple emploi : c’est une passion. Elle le répète avec insistance : « Il faut aimer le métier. Si tu n’aimes pas, ce sera difficile», dit-elle. Cet amour est la clé, car le métier exige patience, santé et disponibilité. C’est une profession qui demande de donner de son temps et de son énergie pour sauver des vies, et qui ne peut se pratiquer qu’avec un engagement total.
Un parcours marqué par la persévérance
Son intégration s’est faite par concours. En 2017, elle se présente, animé par le rêve qu’elle nourrit depuis l’enfance. En 2019, elle est admise et vit ce moment comme une immense fierté. Elle se souvient de la joie ressentie, mais aussi de la conscience d’entrer dans un univers exigeant où les promotions précédentes (2014, 2017) avaient déjà ouvert la voie. Pour elle, réussir relevait autant de la détermination personnelle que de la volonté de représenter dignement les femmes et hommes de feu.
La femme pompier, “petit garçon” et symbole de fierté
Dans ses propos, Kouakou Auguste met en lumière la place des femmes dans ce métier. Surnommées “petits garçons”, elles incarnent une force et une bravoure qui impressionnent leurs collègues. Elle souligne que leur présence est une fierté pour l’Office national de la protection civile (ONPC). Elles relèvent le défi de l’égalité, démontrent que le courage n’a pas de genre et deviennent des modèles pour la société. Leur rareté dans les casernes rend leur rôle encore plus précieux.
Une mission au-delà du feu
Être pompier, pour elle, ce n’est pas seulement intervenir lors des catastrophes. C’est aussi sensibiliser les familles et les communautés aux dangers quotidiens : bouteilles de gaz mal utilisées, circulation routière imprudente, non-port du casque sur les motos.
Elle se voit comme un éducateur citoyen, formé pour prévenir autant que pour secourir. « Nous sommes là pour sauver des vies, mais aussi pour former et encourager la population à faire de même», déclare-t-elle avec un sourire, son béret impeccablement porté sur la tête.
La résilience et l’esprit positif
Le lieutenant ne cache pas la difficulté du métier : la fatigue des débuts, les risques permanents, les situations imprévisibles. Mais elle insiste sur l’esprit positif qui anime les pompiers. Rien ne les effraie, car ils sont préparés à affronter l’inattendu. Même face aux épreuves personnelles, Lt Kouakou reste debout, portée par la conviction que ce métier est une mission sacrée.
Le lieutenant Kouakou Auguste incarne la figure du pompier passionné, résilient et profondément attaché à sa mission. Son témoignage révèle une personne qui voit dans son uniforme non seulement un devoir, mais une fierté : celle de sauver, de sensibiliser et de représenter une institution qui se veut proche des citoyens.
Les femmes sapeurs-pompiers, ces “petits garçons” , dans un milieu reconnu « masculin », sont des symboles de courage et d’égalité.
(AIP)
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